OFI AM veut relancer sa multigestion alternative en l’adossant à Man
OFI AM prend acte de la profonde crise que traverse depuis 2008 l’industrie de la multigestion alternative. La société a décidé d’adosser, en deux temps, sa filiale spécialisée OFI MGA au géant britannique du secteur, Man, dont le français Emmanuel Roman vient de prendre les rênes. Le partenariat devait être annoncé dès juin dernier, mais la société de gestion française a préféré attendre la fin de sa procédure de sanction à l’AMF, qui l’a épinglée en décembre pour des fonds exposés au risque Madoff.
Man prend d’abord 20% d’OFI MGA pour 1,6 million d’euros. Il pourra ensuite monter à 50% plus une voix au capital dans trois ans. La transaction valorise la filiale, que sa maison-mère dit rentable, à environ 1,3% de ses encours. Ceux-ci sont tombés à 600 millions d’euros après avoir atteint jusqu’au double début 2009, lorsque OFI avait rapproché ses activités avec celles d’ADI, rachetées à la Matmut.
Cette chute des encours est loin d’être un cas isolé dans l’industrie des fonds de hedge funds, affligée depuis 2008 par les doutes que le scandale Madoff a fait naître sur sa transparence et par des performances décevantes. La consolidation va bon train: en l’espace d’un an, Nexar s’est vendu au suisse UBP, Olympia à l’américain Kenmar, et HDF Finance à Rothschild & Cie Gestion.
Gérard Bourret, le directeur général d’OFI AM, espère pourtant inverser la tendance. «OFI MGA n’a pas les moyens de se redéployer seule sur cette activité, indique-t-il. L’objectif de notre partenariat avec Man est de nous appuyer sur leur savoir-faire afin de reconquérir l’intérêt des investisseurs pour la multigestion alternative». La filiale pourra notamment investir sur la plate-forme de comptes gérés de Man, qui affiche 9 milliards de dollars d’actifs répartis sur 80 gérants dans le monde.
«Nous estimons que nous pouvons porter de 1% à 2% la part de nos actifs gérés en multigestion alternative. Si à fin 2014 l’activité n’a pas réussi à dépasser le milliard d’euros d’encours, ce sera une déception», précise Gérard Bourret. A fin novembre, OFI AM gérait 53,7 milliards d’euros d’encours. Sa collecte nette a atteint 1,7 milliard d’euros l’an dernier, mais elle s’est concentrée sur des produits monétaires et obligataires, alors que les actifs plus risqués et plus margés (actions, convertibles…) ont moins fait recette malgré leurs performances.
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