Nouvel avis de tempête pour Deutsche Bank
En matière d’amende, la Justice américaine commence volontiers par placer la barre très haut pour mieux négocier ensuite.
Dans le cas de Deutsche Bank, elle s’est surpassée.
La banque allemande n’a pas les moyens – ni l’intention - de payer ne serait-ce que la moitié des 14 milliards de dollars dont elle est menacée pour ses abus en matière de prêts immobiliers remontant aux années folles de la finance.
Le niveau de ses fonds propres tomberait au-dessous des exigences des régulateurs, même en y ajoutant les 5,5 milliards d’euros de provisions mis de côté pour solder les litiges multiples qui l’assaillent.
Les estimations d’analystes diffèrent mais ils partagent l’idée qu’au-delà d’une facture de 6 milliards de dollars, une nouvelle augmentation de capital serait inévitable.
Car les autres procès en cours coûteront cher à solder eux aussi.
Deutsche Bank veut absolument éviter un nouvel appel au marché car un risque d’échec ne serait pas nul.
Ce serait la quatrième depuis 2010, pour un montant global de près de 22 milliards d’euros, dont 8,5 milliards pour la dernière augmentation de capital, il y a deux ans.
Il est néanmoins possible qu’une négociation habile réduise fortement la facture.
Goldman Sachs l’a montré en divisant la sienne par trois, la ramenant d’une menace de 15 milliards à une réalité de 5.
Mais il faudra faire vite. Car la seule évocation d’une telle ardoise fragilise l’établissement.
Il a perdu 8% vendredi en Bourse, et le doute a resurgi sur sa capacité à rembourser ses dettes.
Rien de plus dangereux pour une banque que quand le marché prend peur.
La Justice américaine n’en a cure et en joue. Sa stratégie de l’épreuve de force n’est pas sans risque pour la stabilité financière.
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