Nouveau tour de vis de la Chine sur les réserves obligatoires
Le Premier ministre, Wen Jiabao, avait assuré un peu plus tôt que le pays était prêt à prendre des mesures fermes pour calmer l’inflation
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Alexandre Boksenbaum et Olivier Decarre
Quinzième geste en moins de deux ans. La banque centrale chinoise a annoncé hier un nouveau relèvement des réserves obligatoires des banques. Effectif le 25 mars, ce relèvement d’un demi-point portera à 15,5 % le taux imposé aux grandes banques.
Quelques heures à peine avant cette décision, le Premier ministre, Wen Jiabao, avait d’ailleurs dit que le gouvernement serait prêt à prendre des mesures «fermes et appropriées» pour calmer une inflation qui a atteint 8,7 % en février. Et même si l’objectif de hausse des prix de 4,8 % réaffirmé pour cette année sera «difficile» à réaliser, le dirigeant a assuré que la lutte contre l’inflation était l’une de ses principales préoccupations. Ainsi pour James Liu, gérant chez APS Asset Management, «il y a la place pour plus de durcissement».
Le yuan pourra aussi jouer un rôle dans la politique chinoise. Mais Wen Jiabao est resté discret sur ce point, se contentant de rappeler que la devise locale avait gagné 15 % face au dollar depuis deux ans.
En tout cas, les autorités chinoises sont conscientes qu’elles devront agir avec « habileté ». Le Premier ministre a en effet souligné la nécessité de trouver « l'équilibre » entre la croissance et l’inflation, pour les cinq ans à venir. Un équilibre d’autant plus difficile à prévoir qu’il devra prendre en compte la crise américaine. « L’actualité économique mondiale ne peut qu’avoir un impact sur la Chine. C’est pourquoi, tout en poursuivant ces politiques, nous devons faire très attention à ce qui se passe sur le plan économique au niveau international, et sur la base de tendances qui se modifient, être souple et être dans le bon timing en ce qui concerne l’adoption des contre-mesures correspondantes », a précisé le chef du gouvernement.
Pour l’instant, un début de ralentissement semble attendu par les experts. Selon Wu Kan, gérant chez Dazhong Insurance, il sera « difficile » d’atteindre un taux de croissance de « 10 ou 11 % cette année ». Mais en visant à limiter une inflation, qui provoque la grogne des Chinois, les autorités devront veiller à ne pas provoquer un brusque coup de frein sur l’économie. Le chef du gouvernement a toutefois mis en avant la « très grande demande en produits industriels » qui reste perceptible.
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