Nous sommes stratégiquement à sous-pondérer» sur le crédit «
L’Agefi : Malgré un démarrage en trombe du marché primaire du crédit corporate et un marché secondaire en amélioration, les spreads à l’émission restent sur des niveaux élevés. Comment l’expliquez-vous ?
Yaël Muscat : Le marché primaire crédit est en effervescence depuis le début de 2009 avec environ 125 milliards d’euros d’émissions européennes corporates en un trimestre. C’est le plus important montant de l’histoire ! Malgré cet afflux d’offres, les spreads de ces dettes ont enregistré de très belles performances avec un resserrement de plus de 100 points de base. Pour autant, les émetteurs continuent effectivement d’affluer sur le primaire avec des spreads généreux, offrant une large prime pour s’assurer du succès de leur émission. C’est le cas des secteurs les plus à risque dans l’environnement fondamental actuel tels que les secteurs très cycliques de l’automobile ou des équipementiers. C’est aussi le cas des émetteurs ayant une moindre notoriété sur le marché ou des montants très importants à refinancer.
Pour quelles raisons êtes vous à « sous pondérer » dans votre portefeuille ?
Nous sommes stratégiquement à « sous-pondérer » dans un contexte de récession sévère peu porteur à la classe d’actif, de hausse des taux de défaut et des dégradations récentes des notations. Néanmoins, nous avons remonté notre allocation cible récemment de manière tactique pour prendre acte de différents éléments positifs tels que le succès du G20 avec ses annonces encourageantes, l’assouplissement des normes comptables, les opérations de rachat de dettes financières ainsi qu’une demande sur la classe d’actifs qui ne semble pas vouloir se tarir.
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