« Nous restons très confiants dans le potentiel de rétrécissement des spreads »
L’Agefi : les émissions corporate semblent avoir marqué le pas récemment. Pour quelles raisons ?
Nuno Teixeira : les spreads de crédit ont en effet eu tendance à s'élargir, les actifs risqués sous-performant les obligations d’Etat et les liquidités. Nous restons cependant très confiants dans le potentiel de rétrécissement en 2010, même si cela ne se fera pas de façon linéaire. Pour le moment, et en dépit de toutes les interférences subies par le marché - d’abord liées à Dubaï ensuite à la Grèce - les données disponibles suggèrent que la croissance du PIB en zone euro et les taux de défaut des émetteurs devraient être sensiblement meilleurs que ceux observés en 2009. Les émissions corporate de bonne qualité devraient connaître encore un surplus d’acheteurs par rapport aux vendeurs, dans la mesure où les bonnes obligations demeurent difficiles à trouver tant sur le marché primaire que secondaire, les niveaux de rendement offerts par les liquidités sont à des niveaux extrêmement bas, et l’intérêt des clients pour les gestions crédit demeure soutenu.
Dans ce contexte, quelle classe d’actif jouez-vous ?
En termes de sélection d’émetteurs, il s’agit d’acheter les «survivants» offrant les rendements les plus élevés. La clé pour délivrer de la surperformance sera de détenir des obligations offrant simultanément qualité et niveau élevé de spreads. Par «bonne qualité», nous entendons des émetteurs capables de survivre en cas de récession, quel que soit leur niveau de notation ou leur secteur. Les émissions offrant les niveaux de spread le plus élevé tendent à se trouver dans le segment des valeurs cycliques, des émissions financières subordonnées et dans le high yield: ce sont les segments que nous surpondérons dans nos portefeuilles.
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