« Nous restons encore circonspects sur les valeurs financières »
affirme Philippe Troesch, directeur de la gestion chez Credit Suisse AM France
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Propos recueillis par Yves-Marc Le Réour
L’Agefi : Pour quelles raisons surpondérez-vous le secteur des biens de consommation de base ?
Philippe Troesch : Nous sommes récemment redevenus plus prudents sur ce secteur pour lequel rien ne justifie à priori une réévaluation dans nos recommandations. L’impact de la hausse du prix des matières premières sera plus important en 2008 qu’en 2007. La moindre appétence du consommateur reste une épée de Damoclès sur la tête du secteur bien qu’aucune tendance ne soit aujourd’hui constatée dans les pays développés. Aucune société n’a encore averti négativement, et la plupart ont annoncé des hausses de prix. Dans ce contexte, la diminution des coûts reste un point clé pour faire face à la pression sur les marges. Enfin, il n’y a pas de contagion observée pour l’instant dans les pays émergents où la croissance reste élevée. Nestlé, Danone, Diageo et Reckitt sont les valeurs qui nous semblent avoir la meilleure orientation au sein du secteur (élasticité des prix et exposition aux pays émergents).
Le sauvetage de Bear Sterns aux Etats-Unis vous incite-t-il à modifier votre pondération sur les valeurs financières ?
Le sauvetage de Bear Sterns a évité le risque systémique, mais n’a pas fait disparaître le manque de confiance des acteurs du secteur. Avant de redevenir plus agressifs sur les valeurs financières, nous attendons des solutions plus radicales pour résoudre la crise du crédit, une recapitalisation des banques de façon substantielle et plus de transparence dans les bilans grâce à de nouvelles règles. Les dernières mesures adoptées aux États Unis vont dans le bon sens, à travers la baisse des taux de la Fed, l’ouverture de la fenêtre à des créances de mauvaises qualités ou l’élargissement des risques pour les agences hypothécaires. Malgré cela nous restons circonspects en raison de la faiblesse économique US, sans compter l’inertie monétaire de la BCE qui ne favorise pas la pentification de la courbe favorable à une reconstitution des marges bancaires.
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
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