Nous privilégions les marchés émergents d’Asie
L’Agefi : Pourriez-vous commencer à revenir sur les actions ?
Nuno Teixera : Les marchés d’actions et de crédit ont profité de la baisse de l’aversion pour le risque, suite aux mesures décisives liées au sauvetage du secteur bancaire et la réduction du risque de certains pays émergents.
Actuellement, les marchés se paient environ 10 fois les résultats normalisés réalisés sur dix ans en Europe et 14 fois aux Etats-Unis. Historiquement, ce niveau est attractif et laisse présager de bonnes performances à moyen long terme. Toutefois, on a déjà vu des multiples plus faibles lors de graves récessions et les hypothèses de recul des résultats du consensus pour 2009 en particulier dans les valeurs non-financières - semblent encore trop optimistes.
Il est donc aussi « risqué » d’être absent des actions que d’être trop exposé. Nous avons réduit les actions américaines en avril, pour remonter à un niveau neutre sur l’Europe. Surtout, nous privilégions les marchés émergents d’Asie qui bénéficient de moteurs de croissance de plus en plus solides et autonomes, sans avoir à purger les excès d’endettement du passé.
Quels actifs alternatifs privilégiez-vous actuellement ?
Sur les classes d’actifs alternatives, nous allouons une part non négligeable de nos portefeuilles au crédit (high yield et dette émergente), en étant vigilants sur les niveaux de duration. Les taux longs seront en effet durablement orientés à la hausse au cours des deux ou trois prochaines années, au vu des niveaux colossaux des déficits et des dettes publics. Du côté des matières premières, nous sommes neutres, car les facteurs positifs et négatifs se compensent à court terme.
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