« Nous privilégions la dette à haut rendement »
L’Agefi: Depuis le début de l’année, les émissions de dette corporate ont ralenti. Pour quelles raisons ?
Karsten Rosenkilde: Les corporates hors du secteur de la finance disposent de liquidités importantes et ont un moindre besoin de financement. Pour les banques, qui ont un besoin de financement important en 2011, le marché exige une prime de risque élevée, du fait de leur exposition à la dette souveraine et des incertitudes concernant les changements réglementaires. Les banques sont ainsi obligées de trouver d’autres sources de financement, telles que les obligations sécurisées ou encore le marché obligataire en dollar américain. Ce dernier a atteint un nouveau record d’émissions des sociétés non américaines - qui représentent 60% des 190 milliards de dollars d’émissions corporates depuis le début de l’année. Le marché en dollar offre un avantage aux émetteurs qui souhaitent faire un swap en euro, ce qui permet, grâce aux conditions favorables, de sauver 0,25% sur une émission à cinq ans – une économie considérable sur une émission de 1 milliard de dollar.
Dans ce contexte, quelle est votre catégorie de notation préférée ?
Nous privilégions la dette à haut rendement, plus particulièrement la catégorie B+ et au-dessus. Plusieurs facteurs soutiennent cette classe d’actifs: l’évolution des prix est peu touchée par la hausse des rendements et la baisse des prix des obligations d’Etat. De plus, les prévisions de défaut sont régulièrement révisées à la baisse. Nous sommes raisonnablement positifs sur le crédit dans son ensemble, soutenu par une vision plus optimiste sur les pays européens périphériques, et aidé par le manque de nouvelles émissions.
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