«Nous n’excluons pas un premier trimestre tumultueux sur les marchés actions»
Alain Zeitouni, directeur de la gestion multi actifs chez Russell Investments France
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Bruno de Roulhac
- L’Agefi: Pourquoi renforcer la poche actions, alors que la Bourse américaine est au plus haut?
- Alain Zeitouni: Nous avons renforcé nos expositions sur les marchés actions durant la phase de correction de début octobre, la baisse nous semblant exagérée. Même si les marchés américains ont atteint des niveaux de valorisation élevés (près de 16 fois les bénéfices 2015), d’autres zones présentent des perspectives intéressantes, comme les marchés européens, sur lesquels nous nous sommes récemment renforcés, avec une capacité d’appréciation des marges bénéficiaires, un environnement de taux favorable, et une devise qui se déprécie. La forte baisse du pétrole pourrait aussi être un accélérateur de croissance pour l’économie mondiale, ce qui renforce notre préférence pour les actions. Face à des marchés de taux qui offrent des rendements anémiques (0,95% sur les obligations d’Etat françaises à 10 ans et 2,16% sur les marchés américains), nous préférons les rendements des marchés actions (3,7% attendu en zone euro pour 2015).
- Quelle stratégie adoptez-vous pour 2015 ?
- Nous avons allégé nos positions sur les actions américaines et japonaises au profit de la zone euro. Bien que nous soyons positifs sur les marchés actions, nous n’excluons pas un premier trimestre tumultueux avec un regain de volatilité ; les conditions de marché permettant la mise en place de couvertures à faible prix, nous avons préféré limiter l’impact potentiel sur nos portefeuilles. La baisse du pétrole nous amène également à reconsidérer nos stratégies sur le high yield ; en effet, le secteur de l’énergie représente 15 à 20% des indices high yield et avec un pétrole sous 60 dollars le baril, certains émetteurs pourraient avoir plus de difficultés à honorer leurs échéances.
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