Nous ne sommes probablement plus très éloignés du point bas de l’euro contre dollar
L’Agefi : le dollar préservera-t-il son statut de valeur refuge ces six prochains mois au détriment de l’euro ?
Sylvain Broyer : Je ne qualifierai pas le dollar de valeur refuge, alors que le déficit courant avoisine toujours 5 % du PIB. Rien à voir avec les excédents chroniques du franc suisse (2 % du PIB) ! La dépréciation de l’euro au premier trimestre 2009 s’explique par les sorties de capitaux des émergents et le rattrapage cyclique de la zone euro sur les Etats-Unis. Ces deux mouvements sont achevés. Depuis, le dollar a souffert de la politique quantitative de la Fed. La BCE sera moins hardie en ce point. Elle ne prendra pas fermement de dette publique à son bilan. Les investisseurs se convainquent peu à peu d’avoir surestimé les risques sur certaines dettes de la périphérie européenne. Nous ne sommes donc probablement plus très éloignés du point bas contre dollar (1,29 d’ici juin). Les fondamentaux suggèrent une appréciation vers 1,45 à horizon douze mois.
Quelle orientation donnez vous au dollar/yen à court terme dans le contexte actuel de forte volatilité ?
La devise japonaise a été prise dans un mouvement d’appréciation incontrôlé de mi-2007 à fin 2008. Lié au débouclage des positions spéculatives, les autorités ne pouvaient pas freiner ce mouvement, ni par la politique de taux (déjà à zéro), ni par des contrôles de capitaux. La Banque nationale suisse, qui est dans un cas similaire, a utilisé les grands moyens, en vendant du franc. La Banque du Japon n’en a pas eu besoin. Depuis le début de l’année, les fondamentaux économiques se dégradent plus au Japon que dans les autres pays du G7 et le yen a abandonné 11 % contre dollar. Cette tendance va perdurer. Nous attendons le yen vers 104 à six mois.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques américaines surfent sur les opérations de marché
JPMorgan, Goldman Sachs, BofA, Citigroup et Wells Fargo ont tiré parti du dynamisme du trading et de leurs activités dans la banque d’investissement au deuxième trimestre 2026. -
L’AMF mise sur la directive SRD 3 pour faciliter l’exercice des droits des actionnaires
Le régulateur français dévoile ses réponses à la consultation de Bruxelles sur la révision de la directive concernant le droit des actionnaires (SRD). -
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Les rebondissements autour du détroit d'Ormuz pourraient cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.