Nous n’attendons toujours pas de taux zéro en zone euro
L’Agefi : La BCE va-t-elle opter pour une politique à taux zéro et de nouvelles mesures non orthodoxes dans les trois prochains mois ?
Laurence Boone : A l’issue de son dernier conseil, la BCE a suggéré l’annonce, pour sa réunion de mai, de « mesures non conventionnelles » et d’une nouvelle baisse des taux qui pourrait être de 25 pb seulement. Ceci dit, la dernière décision décidée par consensus suggère un débat parmi les membres de la BCE sur la bonne stratégie à suivre. Certains membres pourraient compter sur la « valeur temps », espérant la poursuite des signaux d’un enrayement de la détérioration des perspectives macroéconomiques et de l’amélioration progressive des mécanismes de transmission de la politique monétaire à l’économie réelle (comme le suggère le resserrement des écarts entre Libor et taux OIS 3 mois). Nous n’attendons donc toujours pas de taux zéro, mais plutôt des annonces de prêts à taux fixes sur des maturités plus longues que celles d’aujourd’hui et donc à neuf ou douze mois.
La taille critique du bilan de la Fed constitue-t-elle un frein au déploiement de sa politique d’assouplissement quantitatif ?
L’accroissement du bilan de la Fed vise à réduire directement le coût de financement des emprunts des agents économiques : la Fed a cherché à acheter du papier commercial et immobilier pour enrayer la hausse des spreads sur ces actifs – ce qui s’est passé dans une bonne mesure. Plutôt que de passer par une hausse des réserves monétaires, qui permet ensuite aux banques d’augmenter les crédits, comme cela a été le cas au Japon dans les années 90, le Fed a agi directement, les banques ayant dans l’état actuel des choses du mal à faire de nouveaux crédits.
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