«Nous maintenons nos expositions sur le crédit périphérique»
- L’Agefi : Quelles sont les premières tendances du marché du crédit en 2014?
- Paul Gurzal : Le début d’année a été porteur jusqu’au moment où les difficultés du monde émergent sont venues rappeler que la normalisation monétaire américaine, certes progressive, aura des conséquences inévitables sur les classes d’actifs à risque à travers le monde. Néanmoins, nous sommes rassurés par la dynamique de flux très positive sur le marché de crédit européen avec des remboursements de dettes qui excèdent encore largement les émissions, ces mêmes émissions qui s’arrachent littéralement auprès des investisseurs. Nous restons confortés par les propos de Mario Draghi sur sa politique encore accommodante pour longtemps et par la reprise de la croissance en zone euro. Cependant, le retour de la volatilité en ce début d’année en particulier sur les marchés actions n’est pas une bonne nouvelle.
- Quelle est votre stratégie dans ce contexte?
- Le resserrement continu des spreads de crédit depuis plus de deux ans et demi a réduit notre capacité d’absorption des chocs. L’écartement des spreads de crédit mesuré de la deuxième quinzaine de janvier a suffi pour manger une bonne partie du portage espéré de l’année. La schizophrénie des investisseurs ne devrait pas s’arranger, évoluant dans un monde risqué mais peu rémunérateur. Nous réduisons la voilure sur le crédit «crossover» et les «usual suspects» du moment, à savoir, les entreprises largement exposées au monde émergent. Dans le même temps, nous maintenons nos expositions sur le crédit périphérique même si les liens existants entre l’Espagne et l’Amérique latine paraissent évidents.
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