«Nous continuons de favoriser les sociétés domiciliées dans les pays «core» de l’Europe»
L’Agefi : Quelles sont les conséquences des annonces de la BCE sur les émissions corporates, notamment des pays périphériques ?
James Tomlins : L’annonce de la BCE a eu un impact sur le marché des obligations corporates, à travers une amélioration de l’appétit pour le risque et une demande pour des actifs avec un rendement plus élevé. Ceci dit, les autorités européennes restent sous une pression significative pour trouver des formes de solutions à cette crise, qui est à la fois une crise de liquidité mais aussi de solvabilité des pays périphériques. La liquidité n’est pas un remède à l’insolvabilité. Les perspectives à court terme pour les rendements des titres des pays périphériques de la zone euro s’améliorent grandement mais nous restons prudents. Car, prises dans leur ensemble, les conditions de fonctionnement du programme de la BCE (OMT) sont pro-cycliques et potentiellement autodestructrices. Par exemple, le besoin de plus de discipline budgétaire va probablement accroître la récession.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Notre stratégie n’a pas changé significativement avec l’annonce de la BCE. En termes de valorisations, nous pensons que les investisseurs en obligations corporates doivent investir dans les obligations dites « investment grade » et « high yield » pour détenir un portefeuille équilibré, particulièrement dans un environnement de taux d’intérêt réels négatifs. Nous continuons de favoriser les sociétés robustes domiciliées dans les pays « core » de l’Europe, qui affichent un bilan fort et des revenus diversifiés. Nous privilégions les sociétés industrielles et nous maintenons une vision prudente sur les banques, particulièrement celles des pays périphériques.
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