«Nous continuons à privilégier les actifs réels: les actions et les placements alternatifs »

Marjorie Sonigo et Florence Mosse, à la gestion privée de Credit Suisse France
Bruno de Roulhac

- L’Agefi : Faut-il conserver une grosse poche de cash dans son allocation d’actifs ?

- Marjorie Sonigo et Florence Mosse: Depuis la crise de 2008, l’aversion pour le risque est toujours présente et les investisseurs détiennent aujourd’hui beaucoup de liquidités, environ 30%, selon nos estimations; soit un niveau nettement supérieur à la moyenne long terme. Ces liquidités sont en grande partie placées en sicav de trésorerie à faible rendement. Or, en intégrant le risque d’inflation, ces performances peuvent s’avérer négatives et la détention prolongée de liquidités constituer, à terme, un risque. Pour cette raison, nous sommes convaincus qu’une gestion active d’un portefeuille permet de limiter les risques à la baisse tout en profitant de meilleurs résultats en cas d’embellie.

- Quels sont les actifs à plus fort potentiel de rebond ?

- Compte tenu du niveau élevé de l’endettement des Etats, le retour de l’inflation à terme est de plus en plus probable et la détention prolongée de liquidités pourrait faire perdre de la valeur en termes réels. Les incertitudes sont encore nombreuses : amélioration de la situation européenne, atterrissage en douceur de la Chine, résolution satisfaisante de la falaise fiscale? Mais la prudence aujourd’hui, poussée à l’extrême peut se révéler paralysante. Dans ce contexte, nous continuons à privilégier les actifs réels: les actions mais aussi les placements alternatifs tels que l’or, les matières premières, l’immobilier ou même les obligations indexées sur l’inflation. Nous restons confiants sur les sociétés leaders, ayant un bon mix-géographique et des bilans sains, quel que soit leur secteur d’activité.

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