Nous conservons une certaine réserve sur les covered bonds
L’Agefi : Le rachat à venir de covered bonds par la BCE peut-il permettre un rebond de l’activité primaire dans ce domaine ?
Olivier Robert : Les covered bonds ont beaucoup souffert durant la crise financière, avec un écartement moyen de rendement contre dette d’Etat de plus de 1,30 %. Depuis septembre 2008, le marché primaire est quasiment fermé et le marché secondaire très creux.
Le programme de la BCE aura comme premier effet de sensibiliser les investisseurs aux spécificités de ce marché. Le montant limité du rachat (60 milliards d’euros contre 800 milliards d’émissions supérieures à 1 milliard sur le marché) devrait néanmoins redonner une impulsion au marché primaire. Pour preuve, suite à cette annonce, la banque espagnole Santander a lancé, avec succès, la première émission de cédulas (covered bond espagnol) depuis juin 2008.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Aucun détail sur le programme de rachat n’a été divulgué par la BCE : type de covered bonds, maturités, montant par pays, etc. Les principaux bénéficiaires devraient être l’Allemagne, l’Espagne et la France, si l’on considère les montants de covered bonds émis dans chacun de ces pays. Notre vue globale sur le secteur a été revue à la hausse. Toutefois nous conservons une certaine réserve. Certaines agences de notation sont sur le point de modifier leur méthodologie de notation : cela se traduira par une pression baissière sur les notations, même si cet effet est déjà partiellement intégré dans les prix. De plus, les caractéristiques des covered bonds diffèrent fortement d’un pays à l’autre, d’où une sélectivité importante à respecter en cas d’investissement.
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