« Nous avons sensiblement réduit notre exposition au crédit »
Le risque souverain en zone euro peut-il affecter le marché primaire du crédit ?
Isabelle Rome: Le risque souverain est clairement un catalyseur de volatilité qui peut sensiblement influencer le calendrier des émissions pour tenir compte de l’aversion pour le risque des investisseurs. En mai, le marché primaire du crédit en euro s’est pratiquement tari avec 4 milliards d’euros d'émissions (uniquement des sociétés non financières) contre une moyenne mensuelle cette année de 40 milliards. Spécifiquement, le risque souverain renchérit la prime de risque exigée pour les émetteurs directement liés aux pays sensibles. Néanmoins, étant donné l’évolution des taux sur un an, le coût de financement pour de nombreux émetteurs n’est que marginalement plus élevé quand il n’est pas plus faible actuellement! De plus, la fermeture momentanée du marché primaire n’est pas une réelle menace car les sociétés sont riches en liquidités, elles ont préfinancé les échéances à venir et utilisent d’autres sources de financement comme les emprunts bancaires. Ceci s’applique plus aux sociétés non financières qu’aux banques. Depuis des mois, les banques directement liées aux pays sensibles utilisent davantage les obligations garanties par l’Etat, les obligations sécurisées, les placements privés et les facilités de la BCE que le marché primaire traditionnel.
Quelle est votre stratégie d’investissement ?
Depuis deux mois, nous avons sensiblement réduit notre exposition au crédit (neutre) en prenant profit après une performance impressionnante des primes de risque. Notre stratégie tient compte d’une valorisation de long terme moins généreuse, d’un momentum incertain (risque souverain, impact des mesures d’austérité, nouvelles réglementations de type ‘résolution’), de la fin du désendettement des sociétés non financières qui vont davantage rémunérer l’actionnaire.
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