« Nous attendons une baisse des taux de 0,25 % au premier trimestre 2012 »
L’Agefi : La dynamique actuelle de la croissance en zone euro peut-elle amener la BCE à lâcher du lest sur sa thématique inflationniste et à baisser ses taux d’ici les six prochains mois?
Vincent Guenzi : Oui, Jean-Claude Trichet a confirmé jeudi dernier que le ralentissement économique était acté sur 2011 et 2012. La BCE s’attend également à une baisse des tensions inflationnistes en 2012 «entre 1,2% et 2,2% contre une fourchette de 2,5% à 2,7% en 2011». Mais il est bien trop tôt pour que la BCE baisse la garde. Nous attendons une première baisse des taux de 0,25% au 1er trimestre 2012 et en tout cas après le remplacement de son président.
Un nouvel assouplissement quantitatif aux Etats-Unis serait-il efficace ?
La question serait plutôt «positif pour qui ?». Le dernier QE2 avait restauré la confiance et éloigné la crainte de déflation. Il avait aussi permis un redressement temporaire des marchés financiers et stimulé l’activité des banques d’investissement. Mais il était vite apparu que l’impact sur l’économie était très limité. De plus, je pense que ce QE2 a alimenté la hausse des actifs réels et l’inflation importée. Un nouvel assouplissement quantitatif ne pourrait avoir que les mêmes effets, mais encore plus limités dans le temps. En revanche, la Fed doit continuer à assurer, tout comme la BCE, le bon refinancement du système bancaire. Enfin Ben Bernanke a déclaré récemment que la Fed ne pouvait pas augmenter indéfiniment son concours et que les hommes politiques devaient trouver des solutions favorisant l’emploi, l’investissement ou la productivité. Aveu d’impuissance de sa part ?
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