« Nous anticipons la poursuite de la quasi-stagnation des indices »
L’Agefi : Pourquoi anticipez-vous une quasi-stagnation des marchés actions à horizon six mois ?
Olivier Lazar : Nous sommes dans une situation économique sans précédent (dette des Etats, fragilité des banques, tensions inflationnistes dans les pays «émergés», matières premières au plus haut, taux d’intérêt au plus bas). Les opérateurs cherchent des repères, l’Europe et les Etats-Unis mettent en place des programmes diamétralement opposés pour sortir de la crise, les stratégistes des plus grandes maisons s’opposent (et chacun a des arguments parfaitement défendables). Cette absence de visibilité limite l’investissement fondamental et pèse donc sur les indices qui piétinent depuis un peu plus d’un an. Nous anticipons donc une poursuite de cette quasi-stagnation même si la dispersion entre secteurs et zones géographiques devrait se poursuivre, couronnant ainsi les stocks pickers et la flexibilité.
La crise des emprunts souverains pèsera-t-elle durablement sur l’évolution des Bourses ?
Pour réduire la dette des Etats, quatre éléments sont nécessaires. Des économies importantes dans le budget des nations, une augmentation des impôts, une inflation érodant la valeur de la dette, une croissance sérieuse et durable. Les trois premiers ont plutôt une action de frein sur la croissance ce qui est rapidement mauvais pour la valorisation des actions,ou bien il faudra accepter que les marchés soient plus chers et plus risqués. Les Etats ont garanti les banques, l’Europe garantit les Etats, mais sauf à trouver rapidement des solutions cela ne peut pas durer et cette épée de Damoclès continuera à peser sur l’ambiance des marchés.
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