« Nous anticipons des Fed funds à 1,50 % en juin prochain »
précise Gilles Moëc, économiste senior chez Bank of America
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Propos recueillis par Tân Le Quang
L’Agefi : Selon vous, jusqu’où ira la Fed dans sa baisse des taux ?
Gilles Moëc : Nous anticipons la poursuite d’un assouplissement très agressif, jusqu’à 1,50 % en juin prochain. La détérioration maintenant avérée du marché du travail réduit la capacité de négociation des salariés et permet à Ben Bernanke de tabler sur une faible réaction des coûts du travail au choc sur les coûts énergétiques et alimentaires. Le FOMC considère probablement que les risques d’emballement de l’inflation restent contenus et peut ainsi concentrer son attention sur les risques pour la croissance. Par ailleurs, dans un contexte de tension extrême sur le marché du crédit, la « repentification » de la courbe, favorable à l’activité de transformation des banques, semble pouvoir être une clé de sortie de la crise financière, plus pérenne que le soutien ponctuel par des injections massives de liquidités.
Comment interprétez-vous le discours très dur de la BCE ?
Les signes de ralentissement de l’activité dans la zone euro sont encore discrets. En dépit de la hausse de l’euro et d’une demande américaine faible, la production industrielle, surtout en Allemagne, reste robuste. Le marché du travail demeure solide. Avec la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, contenir la hausse des salaires va donc être difficile, comme le montrent les négociations sociales en Allemagne. Les risques inflationnistes sont bien réels. Nous pensons qu’il y a 65 % de chance que la BCE consente à baisser ses taux, mais selon nous pas avant juin : la BCE doit observer des signes plus tangibles de faiblesse de l’activité, susceptibles de réduire l’inflation sous-jacente, avant d’agir.
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
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L’exécutif étudie une baisse de 10 centimes par boîte du prix du paracétamol. Une idée qui ferait économiser 30 millions d’euros à l’Assurance maladie sur un an
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