«Nous achetons le retour de la croissance bénéficiaire en Europe»
- L’Agefi: Etes-vous toujours positifs sur les actions européennes ?
- Sylvain Goyon: Les éléments constitutifs du choc d’offre (dollar et prix du pétrole) bénéficient plus à la croissance européenne qu’à celle du monde. Sur les deux derniers mois, nos économistes ont révisé en hausse de 0,5%, à 1,7% (en volume), la croissance de la zone euro pour 2015 et 2016, mais seulement de 0,1% à 2,6% la croissance mondiale sur la même période. C’est un argument solide en faveur des cycliques européennes et du secteur financier mais défavorable aux secteurs plus exposés à la croissance mondiale. Aussi, nous achetons le retour de la croissance bénéficiaire en Europe (+13,4% selon nos modèles) alors que celui-ci n’est toujours pas acté par le consensus (+5%).
- Quel style de gestion privilégier pour s’exposer à l’Europe ?
- La rotation value que nous anticipons pour 2015 n’a pas vraiment commencé en Europe. Pourtant, le PE relatif MSCI Growth /Value qui s’établissait fin 2014 à 1,47, proche des plus hauts observés à l’aube de la sortie de récession de la zone euro s’est significativement contracté et se situe désormais sous sa moyenne de long terme (1,33 fois). D’ordinaire, c’est un signal d’achat des thématiques de croissance. Mais attention ! La croissance internationale (notamment la consommation non cyclique) reste chère par rapport à la value. D’où vient ce paradoxe ? De l’inflation des multiples du secteur de l’énergie (13% du MSCI value) liée aux révisions en baisse (-30% depuis le début de l’année) qui l’ont affecté. Corrigée de ce phénomène, la prime de la croissance contre value ressort aux alentours de 55%.
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