Neuflize OBC est victime des agissements d’un petit Madoff
Un petit Madoff à la française a sévi dans la banque privée pendant plusieurs années. L’affaire, révélée hier par Le Parisien, place dans une position embarrassante Neuflize OBC, employeur de l’escroc présumé entre 2008 et 2010. Même si les montants en jeu semblent limités, l’affaire soulève des questions sur la qualité du contrôle interne de la banque et sur les conséquences de cette mauvaise publicité pour le fonds de commerce du groupe.
Un gestionnaire de 42 ans, mis en examen pour escroquerie et faux, est accusé d’avoir monté un schéma de Ponzi, au préjudice d’une clientèle exclusivement composée de personnalités du monde du spectacle. Le système consistait à faire transiter de l’argent d’un compte à l’autre, à l’insu des intéressés, pour prêter aux uns l’argent des autres. Le montant de l’escroquerie avoisinerait 5 millions d’euros selon Le Parisien. Une enquête de la brigade de répression de la délinquance astucieuse a débouché sur l’ouverture d’une information judiciaire.
L’escroc présumé aurait démarré ses agissements chez Fideuram Wargny, où il était entré en 2001 et qu’il a quitté en 2006. La structure a ensuite été reprise par Swiss Life Banque Privée, la société commune de l’assureur et de Viel & Cie. «Swiss Life a racheté le fonds de commerce de Fideuram Wargny fin 2007 seulement et n’a donc rien à voir avec cette affaire», souligne un proche. Le gestionnaire indélicat aurait ensuite servi d’apporteur d’affaires, avant de passer deux ans chez Neuflize OBC. La filiale d’ABN Amro en France s’est séparée de lui fin 2010.
«Neuflize OBC est une victime dans cette affaire. La banque a déposé plainte pour escroquerie et abus de confiance en mars 2011», indique un proche, qui refuse d’en dire davantage en raison de l’instruction en cours. Pour l’instant, les clients de la banque privée ne se sont pas retournés contre elle. «Nous sommes tous des victimes. Je n’envisage pas à ce stade de poursuivre Neuflize OBC si ma cliente parvient à récupérer dans un délai raisonnable une partie de ses fonds», indiquait hier à L’Agefi André Hoze, l’avocat de l’actrice Mylène Demongeot, dont le préjudice est estimé à 2,2 millions d’euros. Mais la «banque du cinéma», comme elle se présente elle-même, se serait bien passée de ce mauvais film.
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