Nestlé surprend en relevant son objectif de croissance organique des ventes
Au regard d’un début d’exercice qualifié d’exceptionnel, le groupe agroalimentaire ambitionne en 2008 une croissance proche des 7,4 % de l’an passé
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Benoît Menou
Nestlé ne perd rien de sa superbe au sein d’un environnement chahuté. Après avoir rassuré les observateurs avec ses résultats 2007 quant à sa capacité à tenir le choc, le groupe de Vevey a franchi un pas supplémentaire hier en relevant son objectif de croissance organique des ventes pour l’ensemble de l’exercice en cours.
Cette dernière pourrait être selon le groupe suisse «proche» de celle de l’an passé, qui s’était élevée à 7,4 %, et pour le moins «nettement» au-delà de son objectif de tendance à long terme de 5 à 6 %. A l’appui de cette promesse, Nestlé a fait part d’une croissance des ventes pour les deux premiers mois de l’année qualifiée d’«exceptionnelle».
Les «autres éléments», ayant une influence sur le montant publié des ventes, évoluent comme anticipé : sans surprise donc, la vigueur du franc suisse pèsera sur les ventes, qui seront dynamisées notamment par les acquisitions de Gerber et de la nutrition médicale de Novartis.
Depuis un an, comme le rappelle Nestlé, les marchés de matières premières ont connu des hausses de prix et une volatilité accrue. Un climat suscité par une demande alimentaire mondiale en hausse, mais aussi «par la présence décisive d’acteurs spéculatifs non traditionnels». Dès lors, Nestlé a été «contraint» d’accélérer la hausse de ses prix afin d’«absorber partiellement» la hausse des coûts. Le groupe se targue d’avoir en parallèle renforcé sa croissance interne «réelle».
Aux dires du PDG Peter Brabeck-Letmathe, dont le départ est prévu le mois prochain, pas de mystère, ce début d’année tonitruant reflète «les bienfaits de (notre) réorientation stratégique vers la nutrition, la santé et le bien-être», tout autant que la capacité de Nestlé à «répondre immédiatement à des évolutions exceptionnelles de coûts des matières premières». Ces pressions sur les coûts devraient s’atténuer en cours d’année, selon le dirigeant. En termes de résultats, le PDG maintient son ambition d’afficher une nouvelle progression de la marge d’exploitation à taux de change constants.
Autant d’éléments encourageants salués par les opérateurs, le titre Nestlé ouvrant en hausse de plus de 2 % au sein d’un marché zurichois en baisse. Jon Cox, analyste de Landesbanki Kepler cité par Reuters, souligne le caractère «sans précédent» d’un tel communiqué, estimant que Nestlé a bien été en avance face à ses concurrents pour répercuter les hausses de coûts.
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