Natixis diversifie son financement grâce à une titrisation de cartes de crédit
Natixis a pu bénéficier du programme d’achats de titrisations de la Banque centrale européenne (BCE) lors de l’émission de son premier ABS de cartes de crédit, destiné à diversifier ses sources de financement. L’opération Purple Master Credit Cards 2015-1, émise par Natixis Financement et adossée à des cartes de crédit distribuées dans le réseau de BPCE a été placée au début du mois d’avril.
Deux tranches C et S de respectivement 125 et 40,5 millions d’euros ont été retenues. Seule la tranche A de 550 millions d’euros, notée AAA et avec une durée de vie moyenne de 1,5 ans a été placée. Elle a été adjugée avec une marge de 30 points de base au-dessus de l’Euribor à 1 mois, soit dans le bas de la fourchette indicative de prix. Cette marge est «plutôt serrée» aux yeux de la recherche de Rabobank qui souligne que les «ABS de cartes de crédit en Europe continentale sont relativement rares». L’opération a par ailleurs bénéficié du programme d’achats de titrisations (ABSPP) qui a permis à la BCE d’acheter plus de 5,5 milliards d’euros d’ABS depuis son lancement en novembre 2014.
L'émission de titrisation était même la première opération française à être déclarée éligible à l’ABSPP avant son closing, explique-t-on chez Natixis «On était sursouscrits même sans la participation de la BCE mais le programme crée un sentiment positif sur tout le marché car il a permis de resserrer les niveaux secondaires», assure Cédric Perrier, responsable de la syndication chez Natixis. L’opération a été souscrite à hauteur de quelque 40% par des gérants de portefeuilles mais aussi pour 30% par des banques et des institutions publiques, dont la Banque de France.
Aux yeux de Yoann Bredillot, membre de l’équipe de structuration, le fait que l’opération se soit faite via un «master trust», qui permettra à Natixis de réaliser d’autres émissions à l’avenir en optimisant cette structure, explique aussi son succès. «En Europe, le marché de la carte de crédit s’est développé principalement au Royaume-Uni et les investisseurs s’attendent à voir des opérations similaires à celles émises en Grande-Bretagne», explique-t-il. Par ailleurs, «c’est une structure flexible et facilement réutilisable permettant d’émettre des séries de titres à différentes dates selon les besoins de l’émetteur avec les caractéristiques attendues par les investisseurs».
D’autres grands émetteurs, notamment français et nordiques, s’intéresseraient à ce type d’opérations.
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