Nationwide élargit l’offre de titres de dette contingente convertible
La société immobilère britannique est le premier acteur non bancaire à avoir émis hier 750 millions de livres de dette «additional tier 1»
Publié le
Patrick Aussannaire
Les émissions d’obligations convertibles contingentes (Cocos) ne sont désormais plus réservées aux institutions financières non cotées en Bourse. Après avoir émis 500 millions de livres de «core capital deferred shares» (CCDS) début décembre dernier, la société de crédit immobilier britannique Nationwide Building Society prévoit de signer une entrée réussie sur le marché de la dette réglementaire de type «additional tier 1» (AT1) en levant un montant de 750 millions.
Les titres ont une maturité perpétuelle avec une première date d’exercice du call fixée au 20 juin 2019. A cette date, les investisseurs pourront ainsi activer la conversion de leurs titres en CCDS, considérés comme une action à fort dividende plutôt qu’une obligation, dans le cas où le ratio de common equity tier 1 (CET1) de la société passerait sous le seuil de 7%.
L’opération, orchestrée par Citigroup, Deutsche Bank, RBS et UBS, aurait déjà attiré un carnet d’ordres de quelque 9 milliards de livres pour un rendement consenti de 7,25% à 7,5% qui séduit les investisseurs internationaux dans un contexte de faiblesse des niveaux de taux et de spreads. Nationwide suivrait ainsi les traces de banques européennes telles que BBVA, UBS, ou encore la Société Générale et le Crédit Agricole dans le but d’améliorer son ratio d’endettement. Le Crédit Agricole a consenti cette année un coupon de 7,875% sur son émission de titres AT1, UBS de 4,75% et BBVA de 7%. Ce sont les émissions de Barclays en euros et dollars, assorties d’un coupon de 7,25% et 7%, qui auraient déterminé la fourchette de rendement visée par Nationwide.
Les émissions de CoCos atteignent 4,7 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit plus du double du montant levé à la même période l’an passé, selon Dealogic. Et RBS anticipe un montant d’émissions de titres AT1 de 30 à 35 milliards d’euros cette année, ce qui élargirait la taille du marché à environ 100 milliards, dans le cadre de la volonté du secteur d’anticiper la mise en place des nouvelles règles de Bâle 3 en termes de capitaux propres et d’endettement.
«Pourtant, malgré la forte demande actuelle, nos modèles estiment que les investisseurs sous-estiment le risque de conversion et ne font pas la différence entre les différents mécanismes de conversion sur certains titres», ajoute RBS. Un risque déjà souligné dans le rapport de stabilité financière de la BoE publié en novembre dernier.
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