Nasdaq OMX a besoin d’un partenaire en vue d’une contre-offre sur Nyse Euronext
Par crainte de rater le train de la consolidation du secteur boursier qui pourrait donner naissance à un mastodonte issu de la fusion Deutsche Börse / Nyse Euronext, Nasdaq OMX cherche un partenaire pour s’emparer du groupe transatlantique. Tandis qu’il ne dispose pas d’une force de frappe financière suffisante pour se lancer seul dans l’assaut - la fusion avec Deutsche Börse est valorisée à plus de 10 milliards de dollars - selon le Wall Street Journal, l’opérateur de la Bourse du Nasdaq aurait approché séparément le Chicago Mercantile Exchange (CME) et l’IntercontinentalExchange (ICE) pour une alliance en vue d’une surenchère sur Nyse Euronext. Mais pour l’heure, ni le CME, ni ICE n’ont décidé de joindre leurs forces à Nasdaq OMX, qui a engagé Bank of America pour étudier les possibilités d’accord.
Les dirigeants du CME évalueraient les différents scénarios d’acquisition mais pourraient, selon le quotidien, ne pas vouloir prendre de décision dans l’immédiat. Le management d’ICE serait plus réceptif à une telle association, vu que Nyse a récupéré une part de marché importante en Europe sur les dérivés depuis le rachat d’Euronext en 2007. A l’instar du CME, plus de 84% de l’activité d’ICE porte sur les dérivés.
Surtout, la direction de Nasdaq OMX est prête à lancer une offre si elle estime que cette dernière a une forte chance d’aboutir, même en cas de relèvement de l’offre de Deutsche Börse. Une décision pourrait être prise d’ici une à deux semaines.
Mais la politique financière agressive du groupe noté BBB qui met, selon S&P, déjà en danger les porteurs obligataires et autres créanciers pourrait le contraindre à limiter son offre à 11-12 milliards de dollars, sous peine d’être dégradé en catégorie spéculative. L’agence a déjà menacé le groupe de dégradation en cas d’acquisition en cash d’entreprise à forte intensité capitalistique.
Le jeu en vaut la chandelle. Sur le marché cash américain sur actions, Nasdaq et Nyse détiennent environ 50% du volume total des transactions. En cas d’échec d’une offre sur Nyse Euronext, Nasdaq OMX serait condamné à rester un petit acteur en Europe. En janvier, selon Thomson Reuters, sa part s’élevait à 5,4%, contre 24,7% pour Deutsche Börse/Nyse Euronext, 21,4% pour le groupe LSE et 18,9 % pour Chi-X/Bats. Le rachat du CBOE ou la vente de Nasdaq à ICE constituerait des alternatives.
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