Moscou jongle avec les intérêts divergents de son plan de privatisations
Placés entre le marteau d’un Etat historiquement omnipotent et l’enclume du pragmatisme budgétaire, les pouvoirs publics russes avancent avec précaution sur la voie des privatisations. En dévoilant la semaine dernière les grandes lignes d’un programme de cessions d’actifs attendu depuis de longs mois, Dmitri Medvedev a pourtant souhaité écarter tout signe d’enlisement. «Nous devons aller de l’avant» a indiqué le Premier ministre russe.
Le gouvernement a approuvé un plan de cessions de 300 milliards de roubles cette année (l’équivalent de 7,3 milliards d’euros), près de trois fois plus que les 121 milliards récoltés en 2011. La moitié des recettes environ proviendra d’un allègement au capital de trois groupes, à savoir le principal prêteur du pays, Sberbank, l’armateur Sovcomflot et le géant du diamant Alrosa. Le spécialiste des nanotechnologies Rosnano ou des opérateurs portuaires sont également entre autres concernés.
La cession de 7,6% de la banque (dont l’Etat détient encore 57,6%) devrait à elle seule rapporter un tiers du total et pourrait intervenir «prochainement» aux dires du ministre de l’économie Andrei Belousov. En septembre selon une source proche citée par Bloomberg. Soit un an après la date initialement prévue, la crise financière internationale ne facilitant pas la tâche de Moscou.
Le secteur de l’énergie, au cœur des tracas budgétaires russes du fait de la volatilité des prix pétroliers, ne suscite pas le même empressement. Le gouvernement entend bien concrétiser la privatisation totale de nombreux groupes, mais en se donnant un peu de temps, jusqu’en 2016.
Aux côtés des énergies renouvelables avec RusHydro et des oléoducs avec Transneft, le dossier le plus emblématique concerne le principal groupe pétrolier du pays, Rosneft, dont l’Etat comptait précédemment céder 15% dès cette année. La porte reste cependant ouverte, le vice-Premier ministre Igor Shuvalov estimant qu’une opération concernant Rosneft serait envisageable si un «très bon investisseur», pourquoi pas même un prétendant étranger qui présenterait les «meilleures conditions», venait à proposer un «bon prix».
Signe des luttes politiques à Moscou, le Président Vladimir Poutine, récemment de retour au Kremlin, a pourtant estimé que les intérêts publics dans l’énergie devaient être regroupés au sein du holding Rosneftegaz plutôt que d’être cédés.
Plus d'articles du même thème
-
L’IA dope la fraude face à des entreprises encore mal protégées
L’enquête Allianz Trade salue une prise de conscience grandissante mais encore insuffisamment traduite en mesures préventives. -
La Région Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel d'offres pour un fonds défense de 100 millions d'euros
Auvergne-Rhône-Alpes Investissement, structure de gestion des participations régionales, recherche un ou plusieurs intermédiaires financiers pour constituer et gérer un fonds dédié aux industries de la défense, de la sécurité et des technologies souveraines. -
AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
La France n’a pas encore achevé la transposition dans sa loi de la directive AIFM 2, attendue initialement pour le 16 avril. Ce retard entretient une zone d’incertitude pour les sociétés de gestion, notamment sur les fonds de dette et les outils de gestion de la liquidité. -
L’égalité des sexes dans les conseils d’administration des sociétés cotées perd du terrain
Le fonds de pension suédois AP2 publie son indice sur la représentation féminine. Il alerte sur le recul des femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées suédoises. -
BlackRock dévoile un fonds axé sur les actions suisses à forts dividendes
Le gestionnaire d’actifs américain lance le 26e fonds de sa plateforme helvétique. -
BNP Paribas AM nomme Benjy Sewell directeur des ventes ETF au Royaume-Uni
BNP Paribas AM renforce sa présence sur le marché britannique.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
Contenu de nos partenaires
-
Highway to hellLe sort de l'A69 entre les mains du Conseil d'Etat
Le sort de l'autoroute Toulouse-Castres est une nouvelle fois entre les mains de la justice, pour une décision qui pourrait mettre un terme à la guérilla juridique contre le chantier -
Time To Get SoftTrump et l'Iran : un accord faute de mieux
Donald Trump a juré de ne jamais reproduire l'accord iranien de Barack Obama. Trois mois de guerre plus tard, il est pourtant de retour à la table des négociations pour conclure un deal qui pourrait bien lui ressembler -
Bling bling« Ces images sont une erreur » : au RN, le malaise Bardella après le Grand Prix de Monaco
Des images de Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco, circulant pendant la marche blanche en hommage à la petite Lyhanna, ainsi que sa réponse sur BFM – « des marches blanches, il y en a tous les jours » – inquiètent en interne. Certains craignent de voir le dauphin de Marine Le Pen s'éloigner de son image populaire pour basculer dans le « bling-bling »