Morgan Stanley sauve son résultat par un trading sur actions exceptionnel
Comme Goldman Sachs, la banque a précisé avoir eu recours au guichet d’escompte de la Fed, mais assure ne pas avoir de problèmes de liquidités
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Annelot Huijgen
Wall Street a de nouveau poussé un soupir de soulagement hier. Après Lehman et Goldman Sachs, Morgan Stanley a également publié des résultats moins mauvais que prévus. Le bénéfice net du groupe s'établit à 1,55 milliard de dollars, en recul de 42 %. Tandis que sa rivale principale, Goldman Sachs, avait gagné environ 4 milliards de dollars en 2007 en misant sur un retournement des obligations adossées aux crédits immobiliers subprime, au premier trimestre 2008 c’est Morgan Stanley qui a su profiter «des opportunités de marché», se félicite son PDG John Mack. Les revenus dans le trading d’actions ont augmenté de 51 % - contre une baisse de 19% pour Goldman -, atteignant 3,3 milliards de dollars. La vente et l’achat de produits de taux ont permis à la banque de gagner 2,9 milliards supplémentaires.
Si Morgan Stanley avait déjà enregistré 9,4 milliards de dollars de dépréciations l’année dernière, elle en ajoute encore 2,3 milliards au titre des trois derniers mois. Le groupe dévalorise son portefeuille de crédits hypothécaires – dont ni la taille ni la nature n’ont été précisées – de 1,2 milliard. La valorisation au prix du marché du portefeuille de prêts consacrés aux transactions à effet de levier a débouché sur 1,1 milliard de pertes supplémentaires. Les revenus de la banque d’investissement (980 millions de dollars) ont par ailleurs été impactés par une baisse de 19 % des revenus tirés des placements, à 536 millions. La hausse des commissions de conseil, également de 19 %, à 444 millions de dollars, rééquilibre quelque peu la balance. Dans la gestion d’actifs, Morgan Stanley enregistre une perte de 161 millions de dollars, surtout pour mécomptes immobiliers, à comparer à un résultat positif de 379 millions en 2006.
Ainsi, le produit net bancaire ressort à 8,3 milliards, en baisse de 17 %. Si le retour sur capitaux propres de Morgan est tombé de 30,9 % à 19,7 %, il est largement supérieur aux 15 % de Goldman et aux 8,6 % de Lehman. Le directeur financier de Morgan, Colm Kelleher, a précisé que la trésorerie s’élève à environ 77 milliards de dollars. Pourtant, le groupe s’est déjà présenté au guichet de l’escompte de la Fed, «pour démystifier ce dispositif, qui ne doit pas être utilisé en dernier recours», a expliqué Colm Kelleher.De son côté, Goldman «teste» également le guichet, et le fera régulièrement «si cela présente un intérêt d’un point de vue économique et d’une diversification des ressources», a expliqué un porte-parole.
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