Moody’s met une pression supplémentaire sur la zone euro
L’agence a abaissé hier la note souveraine de l’Espagne à « A1 » avec une perspective négative, évoquant sa fragilité face aux tensions de marché
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Patrick Aussannaire
Après avoir alerté la France sur son «Aaa», Moody’s a abaissé hier la note souveraine de l’Espagne de deux crans à «A1», avec une perspective négative. C’est la troisième fois que l’agence dégrade la note de l’Espagne depuis juin 2010. S&P et Fitch notent à présent la dette à long terme du pays un cran au-dessus de Moody’s. Révisant sa prévision de croissance à la baisse pour 2012 à 1% (contre 1,8% auparavant), Moody’s estime que le déficit devrait atteindre 5,2% du PIB l’an prochain, contre un objectif de 4,4%. En ligne de mire, le déficit des 17 régions autonomes et leur capacité de réduire les dépenses. L’annulation des privatisations de la loterie nationale et des aéroports de Barcelone et Madrid pèsent également sur les objectifs.
Et le marché immobilier poursuit sa chute. Le gouvernement a indiqué que l’indice des prix a baissé de 5,5% sur un an au troisième trimestre. La chute atteint 18% sur les trois dernières années, alors que le secteur financier détient 400 milliards d’euros de créances au secteur immobilier, soit l’équivalent de 40% du PIB espagnol. La banque centrale estime que 180 milliards de ces prêts sont «potentiellement problématiques».
L’Espagne bénéficie cependant d’une crédibilité parmi les maillons faibles de la zone euro. Hier, le Trésor espagnol a émis 3,6 milliards d’euros de bons à 12 mois au rendement moyen de 3,608% (contre 3,591% le 20 septembre dernier) et un milliard d’euros à 18 mois à 3,801%, contre 3,807% en septembre. Le spread entre les taux 10 ans allemands et espagnols étaient de 335 bp hier, contre 387 bp pour le 10 ans italien.
Moody’s alerte néanmoins sur le fait que «même si les négociations politiques au niveau européen arrivaient à court terme à permettre un certain retour à la normalité pour les banques et les marchés de la dette souveraine, la fragilité sous-jacente et la perte de confiance est profonde et probablement durable». L’Allemagne se présente aujourd’hui sur le primaire pour abonder son benchmark 10 ans à hauteur de 5 milliards d’euros.
Or, devant l’importance cruciale que revêt le sommet de ce week-end, la France et l’Allemagne se seraient mis d’accord pour porter la capacité du FESF à 2.000 milliards d’euros, selon le Guardian. Une recapitalisation des banques européennes suffisante pour atteindre le ratio de fonds propres de 9% demandé par l’Autorité bancaire européenne est également évoquée.
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