Moody’s jette de l’huile sur le feu de la dette européenne
L’agence a dégradé de trois crans la note souveraine italienne à « A2 » et promet un même sort à l’ensemble des pays européens non « Aaa »
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Patrick Aussannaire
Le bout du tunnel est encore loin. Moody’s a annoncé hier soir la dégradation de la note souveraine de l’Italie de trois crans à «A2», avec une perspective négative. Une décision «attendue» comme le rappelle Silvio Berlusconi, alors que S&P avait déjà ramené la note italienne à «A/A-1» mi-septembre.
Suite au rappel à l’ordre lundi du FMI estimant que «si la vive pression sur les marchés italiens continue, alors le pays devra viser des objectifs (budgétaires) plus serrés», le ministre de l’Economie, Giulio Tremonti, a précisé hier que «les finances publiques tiendront, même avec une croissance à zéro». Or ce sont les «incertitudes économiques et politiques» qui motivent la décision de Moody’s. Le FMI prévoit une croissance italienne de 0,7% cette année et de 0,6% en 2012 et un déficit réduit de 4% cette année à 2,4% en 2012 et 1,1% en 2013. «L’environnement incertain des marchés et le risque d’une nouvelle détérioration du moral des investisseurs pourrait restreindre l’accès du pays aux marchés de la dette publique».
Moody’s pointe les risques croissants de récession en zone euro. L’agence avertit que «l’ensemble des pays européens, à l’exception des plus robustes, risquent de subir une pression négative soutenue sur leur notation». Et d’anticiper que «peu de pays sous le seuil du «Aaa» conservent une notation élevée». S&P, qui a confirmé les notes «BBB-/A-3» du Portugal avec perspective négative, avait souligné hier le risque accru d’une contraction à court terme de l’économie.
Pour le moment, l’Italie a pu bénéficier du soutien de la BCE qui poursuit ses rachats d’obligations italiennes à dix ans. Ce qui n’a pas empêché le taux à 10 ans de remonter à 5,47% hier, soit un spread de 376 bp avec le Bund allemand. L’Italie a réalisé 77% de son programme d’émissions annuel sur un total de 149 milliards. Sur les 33,7 milliards restants, le Trésor italien adjugera une proportion non négligeable de papiers courts, certainement pour limiter la hausse de son coût de refinancement, avec le lancement d’un nouveau benchmark 3 ans mi-novembre.
Or, l’Eurogroup a finalement repoussé le sommet du 13 octobre aux calendes grecques ainsi que la décision sur le versement des 8 milliards d’euros convoités par la Grèce. Un délai qui «permettra aux pays européens de préparer les marchés à une restructuration un peu plus dure de la dette grecque» estime Natixis.
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