Moody’s apporte de l’eau au moulin des eurosceptiques allemands
Officiellement, Berlin a choisi d’adopter un profil bas après la décision de l’agence de notation Moody’s lundi soir de placer le AAA de l’Allemagne sous perspective négative. Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a fait rappeler que «l’Allemagne continuera d’exercer son rôle d’ancre de stabilité en Europe». Il en va de même pour la chancelière Angela Merkel dont le porte-parole s’est contenté de dire que «le gouvernement allemand prend acte de la décision de Moody’s.»
Face à l’euroscepticisme grandissant dans l’opinion publique outre-Rhin, il a cependant rappelé à propos de la menace sur le triple A du pays que «la force de l’Allemagne a ses limites». Une façon à peine déguisée de rappeler que Berlin s’oppose à toute tentative de relever ses garanties pour les pays de la zone euro en crise.
«Dans ce sens la décision de Moody’s vient au secours de tous les eurosceptiques de la coalition au pouvoir à Berlin qui considèrent que la coupe est pleine et que la chancelière devra mettre son veto à toute demande d’aide supplémentaire», estime le quotidien boursier Börsen-Zeitung. Et l’éditorialiste de conseiller à Berlin de veiller en priorité à sa propre crédibilité plutôt que de faire des concessions à la Grèce, à l’Espagne ou à l’Italie. Le quotidien populaire Bild dresse déjà le spectre d’une «descente aux enfers» de toute l’économie allemande si la chancelière décidait de relever davantage les garanties allemandes au sein du MES. Plus modéré mais tout aussi critique, le quotidien Handelsblatt voit dans la décision de Moody’s un affaiblissement supplémentaire de la position de l’Allemagne envers ses partenaires, car «une perte éventuelle du triple A de notre dette ouvre un peu plus la porte vers l’émission d’eurobonds» dont personne ne veut outre-Rhin.
Dans les milieux bancaires de Francfort, on rappelle également l’effet négatif d’un appel de 170 économistes sous la direction de Hans-Werner Sinn, le président de l’institut de conjoncture Ifo. Les signataires demandaient au gouvernement allemand de s’opposer à la mise en place d’une union bancaire ainsi que d’une union budgétaire parce qu’une telle démarche mettrait en péril le triple A du pays. La position de la chancelière est d’autant plus délicate que son ministre de l’économie, Philipp Rösler, a ouvertement conseillé à la Grèce de quitter l’Union s’il s’avère que les conditions demandées par la Troïka ne sont pas remplies.
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