Michel Barnier veut éviter le clash avec le Royaume-Uni sur les dérivés
Le rôle de l’Autorité européenne des marchés (Esma) sera au centre des négociations qui s’ouvrent aujourd’hui sur les produits dérivés entre les députés européens et les représentants de la Commission européenne et des ministres des Finances des Vingt-Sept. Le règlement en question dit «Emir», en négociation depuis plus d’un an, transpose l’engagement pris au G20 de pousser toutes les transactions sur produits dérivés standardisables vers une contrepartie centrale. Il crée aussi, pour ces chambres de compensation, un régime européen d’autorisation et de supervision.
Londres demande à disposer d’un droit de veto à la fois au sein des collèges de superviseurs des chambres de compensation et au sein de l’Esma quand elle statuera sur l’octroi des licences de ces infrastructures, selon plusieurs sources proches du dossier.
Les députés, colégislateurs,souhaitent au contraire que l’autorisation des contreparties centrales se décide entre autorités nationales à la majorité simple. Dans le cas contraire, Paris et Berlin pourraient voir leur politique, consistant à exiger des chambres de compensation (CCP) qu’elles disposent d’une licence bancaire, contrée par Londres, selon un négociateur. Cette question de la concurrence entre chambres est à l’origine d’un conflit entre le Trésor britannique et la Banque centrale européenne qui a déclaré son intention de réserver l’accès à ses guichets de liquidité en euros aux CCP de la zone euro.
Londres demande en outre que les décisions de la FSA concernant des CCP installées à la City ne puissent être contestées qu’à l’unanimité moins une voix des autres autorités nationales. Pour débloquer la négociation, le commissaire en charge Michel Barnier avait recommandé en octobre à la présidence polonaise de reprendre cette demande à son compte en dépit de l’opposition de la France et de l’Allemagne. Une solution de compromis pourrait consister à confier à l’Esma un rôle d’arbitre en cas de différend entre membres du collège. Mais cette option déplaît à Berlin.
«C’est le premier cas pratique, depuis le sommet du 9 décembre, où le Royaume-Uni se trouve dans une situation minoritaire et sur une position indéfendable. La question est de savoir si on osera le mettre en minorité», indiquait vendredi une source proche des négociations. «Il n’est pas dans notre intérêt que le Royaume-Uni se retrouve isolé», indiquait-on à la Commission. Les avis sont partagés sur les chances d’aboutir à un compromis avant la trêve des confiseurs.
Plus d'articles du même thème
-
L’AMF mise sur la directive SRD 3 pour faciliter l’exercice des droits des actionnaires
Le régulateur français dévoile ses réponses à la consultation de Bruxelles sur la révision de la directive concernant le droit des actionnaires (SRD). -
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Les rebondissements autour du détroit d'Ormuz pourraient cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre. -
JPMorgan publie un bénéfice net en hausse au deuxième trimestre
Le titre affichait une hausse de 2,5% en début de séance mercredi.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.