Matteo Renzi s’apprête à prendre les rênes du prochain gouvernement italien
Le leader du Parti démocrate est reçu ce matin par le président Giorgio Napolitano. Il devra s’assurer le soutien du Nouveau Centre-Droit
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Antoine Duroyon
Le maire de Florence Matteo Renzi doit se rendre ce matin à 10h30 au palais du Quirinal. Après avoir mené des consultations tout au long du week-end, le président italien Giorgio Napolitano devrait charger ce publicitaire de profession, âgé de 39 ans, de former le quatrième gouvernement en moins de deux ans. Après avoir obtenu vendredi la démission du chef du gouvernement Enrico Letta, évincé par la direction de son propre parti, Matteo Renzi aura fort à faire pour présenter son programme devant le Parlement d’ici la fin de la semaine. Il a déjà promis des baisses d’impôt et des incitations pour stimuler la croissance, ainsi que des réformes consitutionnelles et électorales.
Celui qu’on surnomme «le démolisseur» devra dans le même temps s’atteler à la négociation d’un accord de coalition avec Angelino Alfano, le chef de file du Nouveau Centre-Droit, dont le soutien est indispensable aux Démocrates pour obtenir la majorité au Sénat. Fort de cet atout, Angelino Alfano, qui était le vice-président du Conseil des ministres et ministre de l’Intérieur dans le gouvernement d’Enrico Letta, s’est empressé de faire monter la pression. «Si nous disons non à ce gouvernement, alors il ne pourra pas voir le jour», a-t-il déclaré dimanche devant ses partisans. La composition du gouvernement semble déjà donner du fil à retordre. Alessandro Barrico, un écrivain reconnu et ami proche de Matteo Renzi, a refusé le poste de ministre de la Culture, tandis qu’Andrea Guerra, patron de Luxottica, a repoussé celui du Développement économique. On cite le nom de l'économiste Lucrezia Reichlin, professeur à la London Business School et ancienne responsable de la recherche de la BCE, à l’Economie.
La nomination rapide de Matteo Renzi au palais Chigi devrait toutefois éviter de donner du grain à moudre aux marchés. Moody’s a d’ailleurs estimé vendredi que ce remue-ménage politique ne changeait en rien ses projections. L’agence de notation a relevé la perspective de crédit de négative à stable et confirmé la note Baa2. Elle justifie cette nouvelle perspective par la vigueur financière des comptes publics, soulignant un ratio d’endettement inférieur à 135% du PIB cette année. Moody’s constate en outre que les risques liés aux besoins potentiels de recapitalisation du secteur bancaire de la Péninsule sont à présent plus limités.
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