MasterCard affiche ses atouts en France dans le cadre du Sepa

La société fusionne avec son intermédiaire français Europay, détenu jusqu’alors majoritairement par le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel
Annelot Huijgen

« Tous les partenaires de monétique sont en train de prendre leurs positions suite au lancement du Sepa (Single Euro Payments Area)», juge Javier Perez, président de MasterCard Europe. Forts d’un partenariat de trente ans, MasterCard Europe et Europay France – le concurrent du Groupement Carte Bancaire, détenu jusqu’alors par le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel (85 % à eux deux via une holding) et d’autres banques – ont ainsi décidé de regrouper leurs activités dans une société afin de « permettre aux banques françaises et étrangères installées en France de bénéficier d’une relation directe avec MasterCard pour leur activité monétique ». La société, qui sera baptisée à la révélation des termes du contrat le 1er avril prochain, sera contrôlé par MasterCard qui en assure la direction.

Décidé à agrandir la part de marché d’Europay (45 %) en prenant le contrôle de la société, MasterCard met en avant sa « connaissance des marchés mondiaux » pour justifier sa stratégie « d’offrir aux banques françaises un produit monétique qui fonctionne partout dans le monde », explique Alfredo Gangotena, directeur général Europe continentale de MasterCard Europe. « La France est un marché clé pour nous », ajoute Javier Perez, rappelant que c’est le deuxième pays au monde pour ce qui est de la fréquence d’utilisation des cartes (10 transactions par mois). Les banques françaises sont par ailleurs innovantes, ayant été les premières à tester, depuis novembre 2007, la carte de paiement sans contact. MasterCard veut continuer à accompagner l’innovation, notamment en matière de cartes cobrandées et de cartes alliant une fonction de débit et de crédit.

« Si les actionnaires d’Europay (la holding citée plus LCL, la Banque Postale, le Groupe Banques Populaires et le CIC) ont accepté une dilution, nous avons renforcé nos liens en concluant des accords commerciaux. Nous espérons pouvoir nouer des partenariats avec d’autres banques maintenant que MasterCard devrait être perçu comme un acteur plus neutre », prévoit Alfredo Gangotena.

Concernant la demande de la Commission européenne du 19 décembre dernier de revoir la grille de commissions de MasterCard, Javier Perez estime que « c’est une mauvaise décision, car elle nuit au consommateur et aux petits commerçants ». Et de souligner que « le paiement en carte n’est pas gratuit », assurant que « MasterCard ne gagne rien sur l’interchange ».

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