Mark Carney infléchit son discours sur la remontée des taux
Le gouverneur de la Banque d’Angleterre a refroidi hier les attentes d’un resserrement monétaire rapide, tempérant ses déclarations du 12 juin
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Stéphanie Salti, à Londres
Mark Carney aurait-il un problème de communication ? Hier à l’occasion d’une audition publique devant une commission parlementaire, le gouverneur de la BoE a indiqué qu’il faudrait attendre que l’économie résorbe davantage son faible taux d’utilisation des capacités de production («slack» ) avant toute hausse des taux d’intérêt.
«Les développements sur le front des salaires me laissent penser qu’il y a plus de capacités inutilisées sur le marché du travail qu’anticipé» a souligné Mark Carney. Le calendrier exact d’une remontée des taux d’intérêts «sera donc guidé par les données» a-t-il rajouté. Egalement interrogé par la commission parlementaire, Charlie Bean, gouverneur adjoint, a précisé que des hausses de salaires étaient visibles dans des secteurs confrontés à un manque de main-d’œuvre comme la construction mais que ces signes «n’étaient pas suffisamment généralisés pour avoir un effet sur des hausses moyennes de salaires».
Ces déclarations marquent ainsi un radoucissement de ton depuis le discours du dîner de Mansion House le 12 juin dernier, au cours duquel le gouverneur de la BoE avait indiqué que les taux d’intérêt pourraient remonter «plus vite que les marchés ne l’anticipent». La banque centrale d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 0,5% depuis mars 2009.
«A mesure que l’économie progresse, le temps d’une normalisation des taux se rapproche» a néanmoins indiqué le gouverneur de la BoE hier. Il a souligné que la trajectoire serait probablement «limitée et graduelle» et que ce taux, au cours des deux à trois prochaines années, serait «matériellement au-dessous des 5% enregistrés en moyenne dans l’histoire».
Les membres du comité de politique monétaire ont en effet essayé ces derniers temps de rassurer les entreprises et les foyers sur le fait que les signes d’une reprise économique n’allaient pas se traduire par un retour rapide à des taux d’intérêts élevés, susceptibles de freiner à la fois l’investissement et les dépenses. Le changement de ton du gouverneur hier a cependant eu l’effet inverse auprès des parlementaires: l’un deux reprochant à Mark Carney d’agir comme un «petit ami peu fiable» laissant les acteurs de l'économie dans une situation incertaine.
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