Mario Monti réussit son examen de passage devant les sénateurs italiens
Dans un discours de politique générale aux accents «churchilliens», Mario Monti a enjoint hier aux Italiens de se retrousser les manches. «Les investisseurs internationaux détiennent 50% de notre dette publique. Nous devons les convaincre que nous avons pris le chemin d’une réduction graduelle mais durable de notre ratio d’endettement», a déclaré Mario Monti aux sénateurs. Ces derniers lui ont ensuite exprimé leur confiance par 281 voix.
L’ancien commissaire européen s’est dit résolu à mener un «gouvernement d’union nationale» qui défendra la rigueur budgétaire, la croissance économique et l'équité sociale. Il aura pour mission première de mettre en œuvre le programme d’austérité concocté par le gouvernement de son prédécesseur, Silvio Berlusconi. «Si nous échouons, (...) le développement spontané de la crise financière nous imposera des conditions encore plus sévères, à nous tous, mais surtout aux catégories les plus exposées de la population», a prévenu Mario Monti.
De nouvelles mesures d’austérité semblent déjà sur la table. Mario Monti adopte la «technique du couplage», analyse Roberto d’Alimonte, professeur à l’université Luiss, «annonçant simultanément des mesures qui mécontenteront l’ensemble des principaux partis [membres de la coalition]». De fait, la préconisation d’un rétablissement de la taxe foncière sur les résidences principales, supprimée en 2008 par Silvio Berlusconi, va à l’encontre de la ligne du Peuple de la liberté, le parti du «Cavaliere». Selon l’ancien ministre de l’Economie, Giulio Tremonti, cette taxe pourrait rapporter 3,5 milliards d’euros par an.
De l’autre côté de l'échiquier, la volonté de réforme du marché du travail et du système de retraites fait grincer des dents au sein du Parti démocrate. Mario Monti penche notamment pour la création d’un nouveau type de contrat pour les nouvelles embauches.
Quels que soient les choix, l’Italie se sait sous haute surveillance, alors que la BCE continue d’acheter du papier italien. Le FMI va ainsi procéder fin novembre à la surveillance de l'économie italienne et Fitch se poste au tournant : «ce nouveau gouvernement technocratique (...) devra se révéler crédible dans la mise en place de réformes budgétaires et structurelles», avertit l’agence. Berlin maintient également la pression en évoquant la possibilité que la BCE cesse d’accepter la dette de certains Etats comme collatéral.
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