Mario Draghi remet la balle dans le camp des gouvernements
Comme l’attendaient beaucoup d’économistes, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu hier son taux de refi à 0,75%. Son président, Mario Draghi, s’est félicité des effets de l’annonce du plan de rachat de dette d’Etat (OMT) tout en restant très prudent sur les perspectives économiques et financières. Il a encore appelé les gouvernements à mettre en œuvre des réformes et à avancer sur l’Union bancaire.
La baisse des taux n’a même pas été évoquée par le conseil des gouverneurs. Il faut dire que l’inflation estimée est passée de façon inattendue de 2,6% à 2,7% entre août et septembre. Même si cette hausse devrait être temporaire, Mario Draghi a affirmé que la banque «surveillerait de près, l’évolution des coûts des salaires et des prix».
«Etant donné les récentes objections de la Bundesbank à l’OMT, le Conseil est sous pression pour démontrer son attachement à l’objectif principal de stabilité des prix», estime Ken Wattret, chez BNP Paribas. Comme les analystes de Barclays, il doute désormais que la BCE baissera son refi d’ici à fin 2012.
Mario Draghi s’est félicité de la baisse des taux souverains périphériques depuis le mois de juillet et la présentation de l’OMT. Il a salué la dernière opération du Portugal et le fait que l’Espagne ait réalisé près de 90% de son programme de financement pour 2012.
Toutefois, le président est loin de considérer que les canaux de transmission de la politique monétaire sont rétablis et s’inquiète toujours de la fragmentation monétaire. A ses yeux, la volatilité reste élevée. Il a une nouvelle fois appelé les gouvernements à poursuivre la consolidation budgétaire et les réformes structurelles. Les pays devraient mettre en œuvre rapidement le traité budgétaire et surtout l’Union bancaire.
Pressé de question sur l’Espagne et l’OMT qu’il a qualifié plusieurs fois de «pare-feu complètement efficace», le banquier central a rappelé que le programme d’achat de dette était conditionné à la demande des Etats et à la signature d’un protocole d’accord sur un plan de réformes.
Selon Reuters, avant d’être aidé par la BCE, l’Espagne pourrait être soutenue par le Mécanisme de stabilité européen (MES) qui garantirait 20 à 30% de la dette des émissions du pays. Ce système l’aiderait à trouver des investisseurs et ne coûterait que 50 milliards d’euros au MES. Le fonds pourrait aussi intervenir directement sur le marché primaire mais ce serait plus coûteux.
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