Mario Draghi prêt à faire tout ce que lui autorise son mandat pour préserver l’euro
La Banque centrale européenne (BCE) est prête,
dans le cadre de son mandat, à faire tout son possible pour assurer la
pérennité de l’euro, y compris lutter contre des coûts d’emprunt
déraisonnablement élevés pour les Etats membres, a déclaré jeudi son président,
Mario Draghi.
«Dans
le cadre de notre mandat (...), la BCE est prête à faire tout ce qu’il faudra
pour préserver l’euro», a martelé Mario Draghi lors d’une conférence
organisée ce jeudi matin à Londres, à la veille de l’ouverture des Jeux
olympiques. «Et croyez moi, ce sera suffisant», a-t-il ajouté.
Depuis
des semaines, les marchés financiers espèrent que l’institution de Francfort
prendra de nouvelles mesures pour soutenir l’activité économique et le crédit
et qu’elle volera sans plus tarder au secours des pays de la zone euro en
difficulté comme l’Espagne. Les coûts d’emprunt de Madrid sur le marché se sont
envolés au dessus de 7% pour les obligations à dix ans. Les experts estiment que l’Espagne ne
pourra pas soutenir plus de quelques mois un tel niveau de coût et risque de
devoir faire appel à la solidarité européenne, fragilisant à leur tour les
piliers de la zone euro que sont l’Allemagne et la France.
Parmi
les responsables politiques européens, le débat est animé sur les outils que
pourrait mettre en oeuvre la BCE sans outrepasser ses statuts. Mario
Draghi a précisé que «si les primes sur les emprunts d'état pénalisent la
transmission de la politique monétaire, elles entrent dans le cadre de notre
mandat». Il a ainsi fait une allusion à peine voilée aux programmes de rachat des titres (SMP)
dont la BCE n’a pas usé depuis des mois.
Début juillet Mario Draghi avait laissé entendre que l’octroi d’une
licence bancaire au Mécanisme européen de stabilité (MES) outrepasserait
le mandat de la BCE, car elle ouvrirait la voie à une monétisation de la dette
des Etats. Mais depuis, la perspective
d’une crise de liquidité de l’Espagne voire de l’Italie inquiète les banquiers
centraux.Mercredi Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a
évoqué pour la première fois l’octroi éventuel d’une licence bancaire au MES
afin d’accroître sa capacité d’intervention sur les marchés de titres
souverains.
En
attendant de passer aux actes, le président de la BCE a, par la simple magie de
son verbe, permis à l’euro de se redresser contre le dollar. Le président de la BCE
a assuré que «la zone euro est beaucoup, beaucoup plus forte qu’on ne le
reconnaît aujourd’hui».
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