Marchés émergents : une corrélation en trompe-l’œil entre dette et actions
Le panorama des marchés émergents a été dominé depuis le 22 mai par la crainte que la fin du QE3 de la Fed n’entraîne une purge massive des excès du passé. Le graphique ci-contre, qui mesure l’indice MSCI Emerging Markets (actions) et - sur la base d’une échelle inversée - le spread moyen de l’indice EMBIG (dettes souveraines émergentes en devises dures) par rapport aux obligations du Trésor américain, depuis le début de l’année 2012, montre une corrélation forte et positive entre les deux marchés ces dernières semaines.
Cette observation pourrait laisser penser que la dette émergente comme les actions ont souffert des mêmes maux (sorties de capitaux spéculatifs), alors que la réalité est sans doute plus nuancée. Si l’on analyse l’évolution comparée des deux variables depuis l’annonce du QE2 en novembre 2010, on peut constater que les marchés d’actions émergents affichent une évolution négative de -11% en dollars, alors que les taux et les spreads des émissions souveraines de dette émergente sont encore sensiblement en deçà de ceux constatés à l’époque, laissant planer le risque d’une hausse supplémentaire des coûts de financement de certains pays.
Les deux derniers programmes de QE de la Fed ont en fait bien davantage bénéficié aux marchés de taux émergents - et à Wall Street, en hausse de plus de 40% ! - qu’aux Bourses émergentes. Le cas de l’Asie est exemplaire: alors que la part des investisseurs étrangers dans la capitalisation boursière a été stable en 2009 (passant de 25% à 29%), leur part dans la capitalisation obligataire a triplé (passant de 11% à 28%). La correction des cours de Bourse permet donc de sanctionner les sociétés ayant mal utilisé ces conditions de financement exceptionnelles pour des projets non rentables et rapproche les marchés d’actions émergents de niveaux de valorisation particulièrement attractifs.
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