Marchés actions : vers le décrochage des indices américains ?
La BCE semble bien avoir joué le rôle de sauveur pour les marchés actions en ce début d’année. Le contexte semblait pourtant propice à une correction substantielle des actifs risqués, entre des risques politiques et géopolitiques grandissants, une volatilité nouvelle des taux de change et l’effondrement brutal des prix des matières premières.
C’était sans compter sur l’intervention déterminante de la BCE pour contrer les pressions déflationnistes sévissant sur le Vieux continent. Si son impact positif sur l’économie réelle semble loin d’être acquis, les investisseurs ont anticipé le caractère reflationniste d’un QE pour le prix des actions de la zone (comme cela s’est vérifié pour le S&P 500 et le Nikkei lors des QE de la Fed et de la BoJ), ce qui devrait permettre aux marchés actions européens d’osciller autour des niveaux actuels durant les prochains mois.
Nous sommes par contre bien moins optimistes pour les Bourses américaines, qui multiplient les signes de surchauffe sans bénéficier d’un QE faisant office de corde de rappel en cas de stress sur les marchés. D’abord les ratios de valorisation des actions américaines atteignent désormais des niveaux historiquement élevés : au regard du PER selon Shiller qui atteint 26,8 (soit un niveau uniquement dépassé lors de la bulle sur les valeurs technologiques de la fin des années 90) et surtout de la médiane du ratio cours boursiers sur chiffres d’affaires du S&P 500 (au-dessus des précédents records historiques de 2006-2007 mais aussi de 1999-2000), il paraît plus qu’improbable que l’appréciation des indices américains puisse se faire par une expansion des multiples.
Autre facteur négatif, les bénéfices semblent également se trouver actuellement en fin de cycle outre-Atlantique, avec pour la première fois depuis 2010 une saison de publications globalement décevante et surtout des révisions en baisse relativement importantes pour l’année 2015.
Entre les tensions naissantes sur le high yield en lien avec les difficultés du secteur des gaz et pétrole de schiste, le regain global de volatilité, les révisions désormais baissières des profits et des niveaux de valorisation historiquement élevés, il suffirait selon nous d’une légère déception sur le front macroéconomique pour entraîner la première correction de plus de 10% des Bourses américaines depuis novembre 2011.
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