Maple Group surenchérit sur le LSE pour le contrôle de TMX
La bataille pour le contrôle de la Bourse canadienne TMX s’est intensifiée hier soir. C’est d’abord l’opérateur boursier londonien (LSE) qui a relevé de 680 millions de dollars son offre amicale, portant celle-ci à 4,1 milliards (2,9 milliards d’euros). Le montant complémentaire serait payé «sous forme d’un dividende exceptionnel de 4 dollars canadiens par action et 84,1 pence par action ordinaire du LSE». Cette proposition conduirait le LSE à contrôler 55% du capital de TMX, tandis que 45% resterait aux mains des actionnaires de TMX. Elle valorise l’opérateur canadien 48,80 dollars canadiens par action, soit 1,6% au dessus de la proposition initiale de l’autre acquéreur potentiel, le consortium financier Maple Group.
Composé de treize banques et fonds de retraite canadiens, ce consortium a réagi dans la nuit à la nouvelle proposition du LSE. Il a relevé son offre de 48 à 50 dollars canadiens par titre, en augmentant également de 70 à 80% le nombre maximum d’actions TMX payées en numéraire. Il a précisé que la valeur totale de son offre était de 3,9 milliards de dollars, et que l’augmentation de la part réglée en numéraire «sera entièrement financée par un investissement complémentaire en fonds propres effectué par les membres du consortium». Luc Bertrand, porte-parole de Maple Group, a incité les actionnaires de TMX à rejeter l’offre du LSE en déclarant que la proposition du consortium «ouvrait la voie à un modèle de développement plus fort et plus durable pour TMX».
Le conseil d’administration de TMX, qui avait dans la journée de mercredi rejeté l’offre antérieure de Maple Group, a simplement pris note des termes de l’offre révisée du consortium en soulignant qu’il allait analyser celle-ci pour déterminer si elle constituait «une offre plus intéressante» pour l’opérateur canadien.
Alors que les actionnaires de TMX doivent se prononcer le 30 juin sur l’offre du LSE, les deux offres devront faire face à des obstacles réglementaires. Celle de la Bourse de Londres devra être examinée par les régulateurs des Provinces canadiennes et par le Ministre fédéral de l’Industrie Christian Paradis, qui doit déterminer si cette offre est bénéfique à l’économie du pays. Quant à celle de Maple Group, elle devra se soumettre à un examen anti-trust car la nouvelle entité créée dans ce schéma contrôlerait plus de 80% de la négociation des actions canadiennes.
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