Man Group est incapable d’endiguer les sorties de capitaux
La prudence reste de mise pour les clients de Man Group. Au cours du trimestre écoulé, le gestionnaire alternatif britannique, et le plus important coté au monde, a une nouvelle fois, pour la cinquième période consécutive, enregistré une collecte nette négative (2,2 milliards de dollars), qui plus est en hausse par rapport à celle du deuxième trimestre (1,4 milliard).
Peter Clarke, le directeur général de Man Group, a précisé que cette évolution séquentielle trouvait davantage sa source dans des ventes plus faibles (3,0 milliards) que dans des rachats stables (5,2 milliards). Le gestionnaire a assuré que cette décollecte avait été «concentrée sur des lignes de produits à faible marge (fonds de fonds institutionnels et fonds longs GLG)». La nouvelle sur le front de la collecte n’est pas une surprise pour les observateurs, RBC Capital Markets notamment ayant anticipé un montant net de retraits de 2,5 milliards de dollars.
Dès lors, la progression des actifs sous gestion sur trois mois affichée par Man Group (+14% à 60,0 milliards de dollars) est bel et bien en trompe l’œil. Elle est soutenue par la finalisation mi-juillet de l’acquisition de FRM, qui a gonflé le montant des actifs de 8,3 milliards. Un apport nettement supérieur à ceux de 500 et 600 millions issus respectivement des performances de gestion (notamment en stratégies crédit et convertibles) et des évolutions de taux de change.
Peter Clarke n’a pu masquer son sentiment que l’humeur des investisseurs restera sans doute «morose» sur le trimestre en cours. En guise de bonne nouvelle, le dirigeant a tenu à souligner que le groupe était sur la bonne voie pour respecter les objectifs de réduction des coûts établis au premier semestre.
Man Group reste ainsi sous pression. En a témoigné l’information publiée lundi par le Daily Mail outre-Manche faisant état d’un projet de rachat mené par BlackRock, le principal actionnaire du gestionnaire alternatif britannique avec une part du capital voisine de 9%.
La rumeur, que les intéressés ont refusé de commenter, a suscité un rebond boursier éphémère sur fond de méfiance d’analystes peu convaincus de l’intérêt à mettre la main sur des fonds aux piètres performances. Le titre a depuis reperdu du terrain, à 83,40 pence en clôture hier (-9,89% sur la séance), bien loin des 140 pence évoqués par le quotidien britannique. Depuis début 2011, le titre a cédé près de 70%.
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