Malgré les signes de reprise, la croissance en zone euro reste fragile
Le Pib de la zone euro a cru de 0,3% au quatrième trimestre 2013 mais s’est globalement contracté de 0,4% l’an passé, celui de la France s’adjugeant 0,3% de hausse au quatrième trimestre et sur l’année
Publié le
Laurent Chemineau
Le Pib de la zone euro s’est contracté de 0,4% en 2013, selon les premières estimations de l’Office statistique de l’Union européenne, malgré les améliorations enregistrées au fil des derniers mois grâce notamment à la reprise des exportations. Au quatrième trimestre de l’an passé, le Pib a ainsi augmenté de 0,3%, un peu au dessus du consensus (+0,2%). Ce léger regain d’activité a été tiré par la France (+0,3%) et surtout l’Allemagne (+0,4%).
Pour 2014, l’activité de la zone euro pourrait croitre de 1,1%, les doutes étant alimentés par la fragilité des marchés financiers, la désinflation et la lenteur de la mise en œuvre des réformes structurelles. Le détail des moteurs de la croissance doivent être publiés le 5 mars prochain.
En France, le retour à la croissance en 2013 (+0,3%) est bienvenu après une activité nulle en 2012. Selon les premiers résultats de l’Insee, la hausse de l’activité au quatrième trimestre a également atteint 0,3%, l’économie hexagonale retrouvant son niveau d’avant crise, début 2008. Ce relatif dynamisme a été alimenté par une reprise de l’investissement notamment en région, et une consommation des ménages étonnamment résistante en fin d’année (+0,5%), souvent au prix d’une moindre épargne. « Une dynamique encore modeste », a commenté Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset management à propos de l’investissement des entreprises qui a progressé de 0,9% fin 2013, mais reste inférieur de plus de 10% à son niveau de début 2008.
Pour 2014, l’acquis de croissance ressort à 0,3% en France, accréditant la prévision gouvernementale d’une hausse de 0,9% du Pib, deux fois moins que la croissance attendue en Allemagne cette année (1,8%). Outre-Rhin, l’activité a augmenté de 0,4% au dernier trimestre 2013 et de 0,5% sur l’ensemble de l’année, grâce à l’investissement en capital et aux exportations, selon les chiffres officiels.
Pour Pierre Moscovici, ministre de l’économie, la reprise «signifie que l'économie française est non seulement sortie de la récession mais aujourd’hui a repris un rythme de croissance de 1% par an si on extrapole sur l’année 2014». Le ministre a toutefois reconnu qu’une croissance supérieure à 1% était nécessaire pour enrayer la hausse du chômage, objectif que le gouvernement s’était fixé en vain pour 2013. Il s’est dit persuadé qu’il était possible d’y parvenir en 2014, comptant sur le «pacte de responsabilité» que propose le gouvernement aux entreprises pour restaurer la confiance dans l’économie. Signe prometteur, le solde de créations d’emplois s’est révélé positif (+14.700) dans les secteurs marchands de l'économie française au quatrième trimestre 2013, pour la première fois depuis début 2012, grâce à l’intérim, selon l’Insee.
L’Insee a d’autre part revu en hausse vendredi de 0,1 point les chiffres de croissance du PIB des premiers et troisième trimestres 2013 qui ne s’inscrivent donc pas en négatif. Au total, la croissance a progressé par à coups l’an passé : 0%, puis +0,6%, 0% et enfin +0,3%. Optimiste, Fabrice Montagne, économiste de la banque Barclays, estime que « la révision à la hausse des trimestres précédents contredit nettement l’idée d’un découplage entre la France et l’Allemagne ».
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