Madrid perçoit une demande des investisseurs pour des obligations à 50 ans

Le directeur du Trésor envisage une émission de très long terme et veut continuer à construire la courbe en matière d’obligations indexées
Solenn Poullennec

L’Espagne envisage d’émettre prochainement des obligations à 50 ans. «Nous n’écartons pas la possibilité de réaliser un placement privé à 50 ans maintenant que la demande des investisseurs à très long terme s’est intensifiée», a expliqué le secrétaire général du Trésor et de la politique financière, Inigo Fernandez de Mesa, dans un entretien accordé au journal Expansion. Aujourd’hui, les émissions espagnoles vont jusqu’à 30 ans.

Selon le directeur du Trésor, le royaume espagnol, qui a réalisé sa première émission d’obligations à 10 ans indexées sur l’inflation en mai pourrait aussi émettre de nouvelles obligations indexées sur l’inflation à 5 ans, «si les conditions de marché sont adéquates, dans la seconde moitié de l’année». Et ce, afin de «compléter la courbe».

Le pays peut se targuer d’avoir réalisé plus de 70% de son programme de financement pour l’exercice 2014. Dans ce contexte, le Trésor a décidé de ne pas réaliser la deuxième émission prévue au mois d’août. Alors qu’au cours de la première partie de l’année, le pays levait généralement autour de 5 milliards d’euros auprès des investisseurs, il compte réduire la voilure et ne lever qu’entre 3 et 3,5 milliards d’euros à partir de la prochaine adjudication prévue le 7 août et jusqu’en décembre.

Hier matin, le taux des titres souverains espagnols à 10 ans était de 2,56% (inférieur à celui des titres italiens, à 2,77%). A l’été 2012, alors que Madrid s’était décidé à demander l’aide de ses partenaires européens pour recapitaliser ses banques touchées par la crise de l’immobilier, le rendement des titres à dix ans avait atteint près de 7,5%. Depuis le début de l’année, le taux des obligations s’est détendu de près d’environ 154 points de base.

Le déficit de l’Espagne, noté BBB par S&P, atteignait pourtant 6,5% du PIB en 2013 et figure parmi les plus élevés des pays de la zone euro. Quant à la dette, elle représentait 94% du PIB l’année dernière. Selon les prévisions du FMI, elle devrait continuer à gonfler pour atteindre près de 102% du PIB en 2017. Dans son dernier rapport sur l’économie espagnole, le FMI souligne que la dette risque de déraper et insiste pour que le pays trouve le bon équilibre entre consolidation budgétaire et soutien à la croissance. Celle-ci devrait être de 1,2% en 2014 et 1,6% en 2015, selon le fonds.

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