Madrid entretient le flou sur un appel à l’aide européenne
Le ministre du Budget a souligné hier que l’Espagne avait besoin de l’Europe pour restaurer son accès au marché et recapitaliser ses banques
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Solenn Poullennec
L’Espagne reste ambiguë sur la façon dont l’Europe pourrait l’aider à faire face à ses difficultés de financement et aux besoins de recapitalisation de son système bancaire. Hier, le ministre du Budget, Cristobal Montoro, a assuré que compte tenu du niveau des rendements, «l’Etat a un problème à l’heure de se refinancer et la porte des marchés ne lui est pas ouverte». Les besoins des banques ne sont pas «excessifs», la question est de savoir «d’où ce montant viendra»: il faut donc que «les institutions européennes nous aident à atteindre, à faciliter, ce montant».
Le ministre a aussi formulé le vœu que la proposition de recapitaliser directement les banques via le Mécanisme européen de stabilité «arrive à maturité», lors du prochain sommet européen des 28 et 29 juin. Un porte-parole du ministre, interrogé par Bloomberg, a nié qu’il s’agissait d’un appel direct à l’Union et affirmé qu’il était seulement question d’un plaidoyer pour la mise en place d’une union bancaire, discutée par les Européens. Dans son édition de ce jour, Die Welt affirme que Madrid pourrait demander à bénéficier d’une ligne de crédit de précaution avant les élections grecques du 17 juin.
Jusqu’à aujourd’hui, le premier ministre Mariano Rajoy a toujours affirmé qu’il n’aurait pas recours à l’aide de l’Europe pour recapitaliser les banques. Hier, le chef du gouvernement a expliqué devant le Sénat que «la chose la plus urgente et importante est que nous avons un problème de financement, de liquidité et de soutenabilité de la dette». Soutenant que «cela ne dépend pas seulement de nous», il a rappelé que le programme de rachat de dette (SMP) de la BCE avait apporté un grand soulagement.
Alors que les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 ont affirmé hier lors d’une téléconférence impromptue qu’ils coordonneraient leurs efforts pour aider l’Europe à sortir de la crise, les taux espagnols à 10 ans étaient en baisse de 7 points de base à 6,23%. L'écart avec les taux allemands reste de 510 pb.
Madrid n’a pas encore déterminé la façon dont le secteur bancaire sera recapitalisé. Des audits sont en cours qui devraient déboucher sur une estimation plus précise des besoins cet été. Selon le patron de Santander, Emilio Botin, il faudrait injecter 40 milliards d’euros dans les banques. D’après les analystes de Credit Suisse, les besoins en capital iraient de 50 à 70 milliards.
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