Madrid consent des primes plus élevées pour placer sa dette
L’Espagne a émis jeudi 3,31 milliards d’euros d’emprunts d’Etat à 3 et 4 ans à des rendements en hausse, contre un objectif maximum de 3,5 milliards
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Tân Le Quang
Pour se financer, l’Espagne a bravé hier matin des conditions de marché particulièrement délétères. Souhaitant placer entre 2,5 et 3,5 milliards d’euros de dette à 3 et 4 ans, le Trésor espagnol a réussi à lever 3,31 milliards. «Il est positif d’aller de l’avant et montrer la capacité de l’Espagne à lever des fonds», a déclaré la ministre des Finances espagnole, Elena Salgado, avant les placements de dette.
Madrid a alloué 2,2 milliards de dette de maturité avril 2014 de coupon 3,4% contre une demande de 4,71 milliards. Il en ressort un taux de couverture (montant demandé sur montant alloué) de 2,14 fois. Celui-ci est certes inférieur au ratio de 2,49 fois du placement de juin mais supérieur à celui du placement d’avril, publié à 1,79 fois. La dette d’échéance janvier 2015 de coupon 4,4% a été abondée à hauteur de 1,11 milliard, alors que le marché en a demandé pour 2,66 milliards. La sursouscription atteint 2,4 fois, contre 2,08 fois lors de la réouverture de la ligne en octobre 2009. Un bon résultat. Les investisseurs, qui ont bénéficié de 52 milliards d’entrée de flux liés à des remboursements obligataires selon SG CIB, semblent donc encore apprécier la dette hispanique pour ses rendements élevés malgré le regain de l’aversion pour le risque.
Mais la facture a été salée pour le pays périphérique qui a consenti au marché, pour la dette à 3 ans, une prime respectivement de 77,6 pb et 124,5 pb par rapport aux émissions de juin et d’avril. Pour celle à 4 ans émise précédemment en 2009, la prime s’élève à 212 pb. A la lecture des résultats, les taux à 10 ans espagnols ont perdu 18 pb à 6,07% et ceux allemands se sont tendus de 7 pb à 2,47%. Mais le retournement de marché après la réunion de la BCE a ramené les premiers sur leur niveau de la veille à 6,25%, les seconds touchant un plancher de 2,33%.
L’Espagne qui devrait lever près de 92 milliards d’euros en 2011, restera dans la ligne de mire des marchés. Le pays doit encore émettre 35 à 38 milliards d’euros d’ici à fin 2011, selon les estimations de SG CIB et UniCredit. Avec 60% à 62% de son programme d’émissions réalisé, contre 67% en moyenne pour les pays de la zone euro, l’Espagne reste à la traîne. L’année dernière, à la même époque, le taux d’avancement était de 67%.
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