Madrid attend la position de la BCE avant de réclamer toute aide extérieure
«Jusqu'à ce que nous sachions ce qu’a décidé la BCE à ce sujet, nous ne prendrons pas de décision.» Telles ont été mardi les déclarations du Premier ministre espagnol à l’issue d’une rencontre avec le roi Juan Carlos concernant la possibilité d’une nouvelle aide après celle de 100 milliards d’euros accordée dans le principe aux banques du pays. Une nouvelle déclaration Madrid interprétée comme un pas de plus de l’Espagne vers une demande d’aide prochaine aux fonds d’urgence européens. Début août, Mariano Rajoy avait indiqué qu’il «ferai[t] ce qui est dans l’intérêt des Espagnols».
Les éclaircissements sur les intentions de la BCE, qui semble miser sur une intervention au plus tôt mi-septembre, seront ainsi scrutés par le gouvernement espagnol avant de prendre toute décision. Madrid a d’ailleurs reçu le soutien du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn. Ce dernier a affirmé mardi qu’il ne faisait «aucun doute que l’Union européenne (...) et la BCE sont prêtes à agir une fois que certaines conditions seront réunies et s’il y a une demande (d’aide) formulée par un Etat membre». Mariano Rajoy a dévoilé mardi un agenda chargé: rencontre avec le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, avant la fin du mois, puis avec la chancelière allemande, Angela Merkel, le 6 septembre à Madrid et enfin avec le président du conseil italien, Mario Monti, le 20 septembre.
Mais le vrai test aura lieu le 12 septembre, date à laquelle la Cour constitutionnelle allemande rendra son verdict concernant la réforme du MES. «J’ai toute confiance dans l’engagement pour l’euro de la population et des dirigeants politiques allemands», a indiqué Olli Rehn, mettant la pression sur Berlin. D’autant qu’une demande d’aide de l’Espagne nécessiterait un vote favorable de la part du Bundestag allemand.
La situation semble pourtant urgente. Les banques du pays ont emprunté un montant record de 402 milliards d’euros auprès de la BCE en juillet, soit 10% de plus qu’en juin. Le Trésor espagnol, qui a réalisé 75% de son programme sur la partie 2-5 ans de la courbe, doit encore lever 53 milliards d’ici à la fin de l’année et prévoit de revenir sur les marchés le 6 septembre. Le rendement des obligations à 10 ans reculait mardi de 13,7 pb à 6,76%, après avoir franchi la barre des 7% le mois dernier.
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