M&G talonne Aberdeen, premier gestionnaire britannique en France
Six ans après son arrivée dans l’Hexagone, M&G Investments coiffe au poteau la plupart de ses compatriotes. L’an dernier, la filiale de l’assureur britannique Prudential a passé la barre des 5 milliards d’euros d’actifs pour des clients français. Elle avait déjà doublé ses encours en 2012, à 3,5 milliards d’euros. «Nous avons collecté plus d’un milliard d’euros en 2013», a annoncé le 7 février Brice Anger, directeur général de M&G en France, lors du lancement de son premier fonds d’épargne salariale, avec Debory Eres.
Visiblement épargné par l’essoufflement des fonds obligataires, sa spécialité, le groupe se distingue aussi en vendant uniquement des fonds de droit britannique dans son bureau parisien, qui emploie onze salariés.
M&G talonne désormais Aberdeen AM qui totalise 5,5 milliards d’euros d’encours en France à fin 2013, soit 200 millions de moins que fin 2012. Hérités du rachat de Credit Suisse AM en 2009, ses fonds et mandats de droit français sont restés stables à 3,3 milliards d’euros. La gamme luxembourgeoise proposée en France (2,3 milliards) a quant à elle subi des flux légèrement négatifs, indique la société cotée écossaise, qui a globalement décollecté l’an dernier en raison de son exposition aux marchés émergents.
Disposant aussi d’une société de gestion en France, Invesco a connu une année plus positive. Les encours de ses clients locaux ont crû de 44% en 2013, pour atteindre 3,9 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros), grâce à des flux nets de 650 millions d’euros.
Parmi les acteurs sans gestion locale, Schroders affiche 3,7 milliards d’encours en France à fin décembre et 100 millions de collecte annuelle. Avec 300 millions d’euros de ventes nettes, notamment sur les actions européennes, Henderson Global Investors revendique 1,45 milliard d’euros d’actifs en France et dépasse Threadneedle (moins d’1 milliard).
En revanche, pour Ignis AM, la filiale de gestion de l’assureur Phoenix, «la situation économique de la France affecte les flux. Les conditions ne sont pas réunies, pour l’instant, pour l’ouverture d’un bureau», annonce à L’Agefi Philip Goldsmith. Responsable de la distribution en Europe continentale, il assurait par le passé vouloir s’implanter à Paris. Il continuera finalement à suivre depuis Genève sa quarantaine de clients français, dont il ne dévoile pas les encours. Ignis est en revanche en train de recruter son premier commercial en Allemagne, marché jugé plus porteur.
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