Lyxor se réorganise pour accroître ses encours de 50% à fin 2018
Lionel Paquin imprime sa marque chez Lyxor AM. Dix mois après avoir pris la présidence de la filiale de gestion de la Société Générale, en remplacement d’Inès de Dinechin, débarquée en février, le dirigeant dévoile une nouvelle organisation. Celle-ci doit mieux servir les demandes des investisseurs et permettre au groupe d’atteindre son objectif: porter les encours de 96 milliards d’euros fin octobre à 150 milliards d’euros fin 2018, soit une hausse de 50% hors effet marché et hors acquisition sur la période.
«La croissance externe n’est ni un tabou ni une condition nécessaire: nous restons opportunistes», précise Lionel Paquin.
Un pôle transversal de développement produit est créé, tandis que les pôles d’expertise de Lyxor passeront de quatre à trois le 2 janvier 2015. Le principal changement vient du fait que les «solutions» (fonds structurés, fonds à formule) ont été rapprochées de l’expertise «absolute return» au sein du même pôle. Ce dernier profite notamment des besoins des banques pour la gestion des actifs liquides qu’elles sont obligées de constituer en normes Bâle 3. La clientèle bancaire, Société Générale en tête, représente désormais 20% à 25% des actifs du pôle.
L’autre changement majeur concerne le pôle gestion alternative et multigestion, cette dernière étant étendue aux fonds de gestion traditionnelle. «Lyxor devient responsable de la sélection des mutual funds pour l’ensemble du groupe, à commencer par la banque privée de la Société Générale, précise Lionel Paquin. Ce centre d’expertise unique a toute sa place dans la multigestion, car la différence entre gestion alternative et traditionnelle s’estompe». L’équivalent de 13 milliards de dollars (10,4 milliards d’euros) d’encours, conseillés par une équipe de dix personnes, ont été transférés à cette occasion chez Lyxor, sur un total de 25 milliards d’euros pour le pôle.
Le troisième pôle, celui des ETF et de la gestion indexée, reste le moteur numéro un de Lyxor. De 43 milliards d’euros aujourd’hui, ses encours doivent doubler à horizon 2018. En Europe, le groupe compte notamment éduquer la clientèle grand public, pourquoi pas en proposant un fonds d’ETF. En Asie, où il avait proposé sans succès à Hong-Kong des fonds sur sous-jacents européens il y a quelques années, un retour est au programme. «Nous allons revenir avec des sous-jacents locaux, les seuls à intéresser les investisseurs asiatiques», indique Arnaud Llinas, patron du pôle.
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