Le contexte est difficile pour les fonds indiciels cotés à réplication synthétique, dont la filiale de la Société Générale est l’un des pionniers
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Antoine Landrot
Pionnier des fonds indiciels cotés synthétiques dans les années 1990, Lyxor Asset Management a annoncé hier le lancement d’une gamme d’ETF physiques avant la fin de l’année 2012. Contrairement aux synthétiques (qui répliquent les performances grâce à des swaps), les ETF physiques détiennent les actifs sous-jacents.
Cette nouvelle peut surprendre: la filiale de la Société Générale a en effet été un ardent promoteur des fonds synthétiques. Le débat a été âpre entre les défenseurs des ETF physiques (surtout américains) et synthétiques (européens). Le régulateur européen (Esma) y a mis un terme en juillet en publiant des règles qui ne marquent pas de différence entre les fonds selon leur technique de réplication.
«Le marché s’est développé en Europe vingt ans après les Etats-Unis au sein des banques d’investissement (BFI), comme Source, Deutsche Bank X-Trackers ou Lyxor. Elles ont naturellement utilisé des produits de BFI, à base de swaps, donnant naissance aux ETF synthétiques», explique un concurrent. Le problème vient de la remise en cause, depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008, du rôle des BFI, qui a pesé sur la popularité des ETF synthétiques. Selon les chiffres fournis par BlackRock, leurs principaux fournisseurs n’ont collecté que 1,9 milliard d’euros entre janvier et juillet 2012 – Lyxor subissant une décollecte de 500 millions. iShares, filiale de BlackRock, a dans le même temps collecté 8,2 milliards.
Alain Dubois, président de Lyxor, conteste l’idée d’un virage à 180 degrés: «Lyxor fait de la réplication physique de fonds indiciels non cotés depuis 2006». La société aurait ainsi simplement souhaité élargir sa gamme «en vue de satisfaire complètement les demandes des investisseurs». Dans un entretien à Easybourse en décembre 2011, Alain Dubois expliquait que la désaffection pour ses ETF n’était pas liée à la méthode de réplication, mais au fait que Lyxor n’était «pas sur une gamme qui bénéficie de la conjoncture. En effet, depuis le début de l’année 2011, on constate en Europe […] une décollecte globale de la classe actions vers la classe obligations».
D’où la volonté d’inaugurer sa nouvelle gamme d’ETF physiques avec les indices obligataires. «Nos espoirs sont très grands, parce que nous avons en plus la volonté de renforcer notre présence générale dans l’obligataire, qui est une classe d’actifs qui se développe fortement en ETF», expliquait hier le dirigeant.
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