L’univers de la gestion va devoir tirer les leçons de l’affaire Madoff
De nombreuses questions sont posées, notamment dans les domaines du contrôle et de la transparence des fonds, et certaines restent encore sans réponse
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Virginie Deneuville
Le scandale Madoff fait grand bruit dans le milieu financier, déjà lourdement affecté à l’issue d’une année marquée par la crise. Le domaine de la gestion se retrouve en première ligne. «Ce scandale pose la question du contrôle et du sérieux des fonds d’investissement. Avec la directive Ucits IV qui prévoit un passeport européen pour les sociétés de gestion, les flux transfrontiers vont s’intensifier mais des problèmes de surveillance peuvent émerger», estime Didier Davydoff, directeur de l’Observatoire de l’épargne européenne. Selon ce dernier, «si les particuliers semblent être peu touchés, il importe de ne pas ébranler la confiance des épargnants, qui sont déjà vendeurs nets de fonds d’investissement depuis plusieurs mois».
Les sociétés de gestion vont devoir s’adapter à une nouvelle donne, marquée par des offres plus compréhensibles pour les investisseurs. «Comme les banques dans leurs activités de financement et d’investissement, les sociétés de gestion vont revenir à des produits financiers plus simples. Les produits exotiques vont être plus difficiles à vendre», estime le gérant d’une société parisienne.
Pour autant, une réelle révolution n’est pas attendre dans le domaine des fonds. «Les paradis fiscaux vont demeurer et il n’y aura pas de régulation au niveau mondial», relève un professionnel.
Au sein de la gestion d’actifs, les hedge funds vont être les plus attaqués. «Le cas Madoff est spectaculaire et va avoir des effets très négatifs sur les investissements en hedge funds. (…) Cet incident nous rappelle que le système des gérants stars existe toujours, dans lequel on ne pose pas de questions détaillées à M. Madoff ou à d’autres vedettes du système», déplore Sophie van Straelen, directrice générale de la société d’analyse Asterias. Pour cette spécialiste, cette affaire marque «certainement la fin d’un monde caractérisé par de faibles due diligence et un manque de transparence».
La personnalité de Madoff et la proposition de rendements alléchants auront suffi à berner des financiers parmi les plus avisés. «Dans le monde de la gestion d’actifs, tout le monde cherche la martingale. La cruelle désillusion est qu’elle n’existe pas», relève un professionnel.
L’indice des valeurs exposées au secteur des semiconducteurs a perdu près de 20% depuis son pic ce qui pourrait acter son entrée dans un marché baissier.
L’activité de gestion privée de La Financière de l’Echiquier s’élève à environ 2 milliards d'euros d'encours conseillés, dont 400 millions en gestion sous mandat pour le compte des CGP. Elle vise une progression de sa collecte de 15% par an.
Chaque fin de mois, avec l’objectivité et l’expertise qui caractérisent ses journalistes, L’Agefi alpha vous propose des enquêtes fouillées et décortique des innovations technologiques ou financières. Il ouvre une fenêtre sur un marché à l’international, les asset managers ayant depuis longtemps traversé les frontières, et met en valeur les femmes et les hommes qui font la richesse de cette industrie et la force de la place financière française.
Les marchés ont effectué une rotation des petites capitalisations et des valeurs de croissance vers les grandes capitalisations et la value en Europe. Aux États-Unis, la rotation a surtout bénéficié aux petites capitalisations.
La filiale de gestion d’actifs du groupe BPCE veut combler son retard en lançant ses premiers ETF actifs sur le marché européen d’ici la fin de l’année tout en développant son offre sur le non-coté.
Une majorité de sympathisants macronistes estime que l’actuel locataire de Matignon ferait un meilleur candidat que ses deux prédécesseurs, déjà lancés dans la course à l’Elysée, selon un sondage Odoxa
SERIE. L'ancien conseiller en communication du président François Hollande se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés